Le blog d'une EX-expat ou la chronique déplaisante d'une dictature ordinaire.
L'Ethiopie se débat toujours dans une tourmente post-électorale et l'EPRDF, parti au pouvoir, a annoncé sa victoire
aux élections de mai 2005, victoire acquise par l'intimidation, le meurtre et la fraude.
Vous trouverez ici un rappel des événements, quelques infos sur la situation des Droits de l'Homme, la répression, la violence d'Etat, les assassinats de Mercato et les exactions d'un régime soutenu, dans l'indifférence générale, par les pays riches qui malgré, quelques vertueuses indignations de façade, préfèrent la stabilité politique à une démocratie bouillonnante.
Je vous suggère de consulter, avant de parcourir les billets d'humeur au jour le jour, les catégories chronologie des événements et Ethiopie, quelques faits et surtout mes portraits de dissidents, histoire de vous briefer sur la répression sanglante, les droits de l'Homme, la liberté de la presse, l'indépendance du National Electoral Board et les fraudes électorales.
Une pétition en Français ! Un site-miroir chez Sylvain ! Un Addis Ferengi Ethioblog ! chez Nazret.com Dear Ethiopian readers, your visits make us happy and proud. Do not hesitate to leave a message.
Blog sélectionné dans Best of Blogs par Reporters sans Frontières récompensé par le Prix des internautes
Cher lecteurs, merci de votre présence tout au long des derniers mois.
Il me reste à trouver des méthodes alternatives de contribuer d'ici à un combat que j'ai fait mien.
J’ai eu l’honneur de pouvoir parler à trois des dirigeants de
J’ai eu la chance de saluer comme il se doit tous ceux qui ont embelli ma vie de leur présence durant les cinq dernières années.
J’ai pu humer à nouveau l’air et l’humeur d’un pays dont je suis profondément amoureuse.
Je le laisse en piteux état. Le coût de la vie y devient insupportable pour les plus pauvres comme pour les classes moyennes, le boycott des produits et réunions du parti continue, la terreur aussi.
Je continuerai certainement à militer ici, dans la diaspora et suivrai attentivement le compte à rebours qui marquera la fin d’un régime dont j’ai dénoncé la cruauté, la corruption et le cynisme.
Je n’oubliera ni ceux qui sont tombés sous les balles de l’armée privée du premier ministre, ni ceux qui ont croupi dans des camps de détention, ni ceux qui sont encore emprisonnés pour leurs opinions, ni les personnes exceptionnelles que j’ai eu le privilège de rencontrer et parfois d’interviewer.
Il y a désormais de nouveaux blogueurs qui opèrent, en anglais, de l’intérieur du pays, je vous recommande en particulier, Adebabay, Seminawork et Urael.
Il ne me reste qu’à vous souhaiter la meilleure année éthiopienne possible. La mienne a commencé avec un verre de Tej (vin de miel) et un feu traditionnel.


Addis Ferengi
Je suis de retour en Ethiopie pour quelques semaines.
La décision peut paraître périlleuse, elle l’est sans doute un brin mais Addis Ferengi est désormais beaucoup trop connue pour que le gouvernement éthiopien prenne le risque d’une attaque directe sans provoquer une sérieuse levée de bouclier de la part des Ethiopiens de la Diaspora et embarrasser les « donneurs ». Ceci dit, avec ces malades, on ne peut être sur de rien.
Enfin, c’est le calcul que mon mari et moi avons fait et de fait, je suis entrée sans problème dans le pays, mon visa étant toujours valable.
J’ai repris mon blog en anglais et souhaiterait continuer à animer celui-là dès que je trouve un/une complice pour poster et éditer les logs. Over-blog est en effet bloqué en Ethiopie quoique je puisse lire mon propre blog, il m’est impossible d’accéder à l’administration en utilisant un proxy.
Je vous rappelle que la plupart des sites d’opposition ont subi le même sort.
Par ailleurs le domaine addisferengi.net que j’ai omis de renouveler a été racheté dans des circonstances un rien trouble.
Vous devez désormais taper dans votre barre de navigation http://addisferengi.over-blog.com, les commentaires n’apparaîtront probablement qu’à mon retour en Europe début septembre, à moins que je ne trouve une solution pour contourner la censure d’ici là.
Les calés en anglais pourront en tout cas suivre mon journal sur Nazret.com.
J’ai omis de répondre à bien des messages de fidèles lecteurs avant mon départ et je m’en excuse. Je le ferai à mon retour.
A très bientôt
Addis Ferengi
Blogueuse censurée en Ethiopia

L'Ethiopie est calme en cette saison des pluies, le gouvernement commence même à retirer ses troupes postées à proximité des lycées de la capitale. L'EPRDF est stupide... il n'a jamais rien compris à l'humeur de son peuple...
Nos ambassades sont formelles et ne s'en cachent plus, elles soutiendront le tyran contre la menace islamique somalienne.
Moi, j' ai décidé pendant cette période d'accalmie, que je crois provisoire, de m'accorder quelques vacances.... Certes j'ai plein d'articles, de portraits et de projets en chantier mais décidément peu d'énergie.
Monsieur Ferengi vient de nous rejoindre pour deux ou trois semaines. Notre famille a été si brusquement et injustement séparée que nous allons tenter de nous consacrer du temps.
Je reviendrai très vite, plus forte d'un repos mérité et de l'amour des miens.
Ci-dessous, les deux hommes de ma vie et mon redoutable chien de garde ;-) Lancelot, pas très impressionnant, je

Addis Ferengi, juste un peu fatiguée
Mon laptop a été volé ainsi que tout ce qu'il contenait, je finis d'installer le nouveau et je vous reviens.
AF

Asella (Arsi): Sérieuse confrontation entre étudiants désarmés et police fédérale, deux morts minimum
Tout a commencé ce matin, une bagarre entre un étudiant du Centre de Formation des Agriculteurs et un jeune du Kebele 12. L'étudiant était gravement blessé et est décécé peu après. Ses camarades d'étude ont réagi par une protestation spontanée devant le bureau administratif du Kebele. La situation était tendue mais sous contrôle jusqu'à 13 heures, les étudiants manifestaient dans tout le quartier de Ardu mais les choses se sont gâtées à l'arrivée de la police fédérale. Ils ont parqué des centaines de jeunes dans le champ (l'ancien aéroport) comme s'il s'agissait d'un troupeau de vaches. Ils en ont râflé certains dans leurs pick-ups, au hasard, pour les emprisonner. Ils ont tiré à balles réelles sur les rares qui ont réagi, ils en ont tué un et sérieusement blessé beaucoup.
Les 27 et 28 mai à Nazareth, capitale de l'Oromia, située à 1 heure de route - je vous rappelle que je suis du coin-, ma meilleure source locale et la plus fiable confirme 13 morts et 50 blessés lors d'affrontements opposant les commerçants expropriés d'un marché (1) et les forces de sécurité.
Avant de réjoindre Amsterdam pour la Conférence Internationale des Journalistes Ethio-néerlandais où je suis invitée à témoigner, voici quelques nouvelles en vrac, moins régulières je sais... mais je demeure fidèle au poste.
Mon ami Berhanu Haile a été libéré. Il faut dire que je postais chaque jour sur mon Ethio-blog:
Berhanu Haile a été condamné à 5 ans d'emprisonnement sur la base d'accusations forgées par le régime en place. Son seul crime est d'être un dissident. Il a été arrêté le 27 Janvier dernier. Il est père et mari.
Les psychopathes en ont eu marre, ils sont obsédés par l'idée de sauver la face... Berhanu n'est donc plus condamné à 5 ans pour "corruption". J'espère que les tueurs ne s'attendent pas à des remerciements parce que çà m'arracherait la bouche. Quant à la fermer... qu'ils n'y comptent pas trop.
Addis n'a toujours pas bougé, même en ces jours anniversaires. La présence militaire est toujours massive, notamment le jour commémorant les 15 ans au pouvoir du nain Meles et lycéens et jeunes ont compris. Ils n'offrent plus leurs corps aux balles. Par contre, les rassemblements des Kebele (quartiers) pour l'occasion, ont été massivement boycottés - pas plus de 15 participants dans chaque. Les résidents sont formels, ils n'ont pas renoncé et la haine gronde, notamment pendant le simulacre de procès des chefs de l'opposition.
A ce propos, Monsieur Elman
Un rien vomitif et déprimant non ?
Des sources concordantes disent pourtant que le régime est de plus en plus fauché. Répression et propagande coûtent cher... et les "donneurs" serrent les vis malgré tout. L'ambassade espagnole (sur) et française (pouvez-vous confirmer puisque vous lisez?) auraient refusé des visas à des ministres en place.
Enfin, ce n'est pas çà qui changera la sinistre réalité. Un dictateur massacre quotidiennement avec vos sous, chers contribuables. Il en volera le moindre centime pour retarder un destin tracé: la Cour Criminelle Internationale de La Haye. J'y serai...
Addis Ferengi

Blogueuse censurée en Ethiopie
(1) Les cadres du régime sont occupés à voler tout ce qu'ils peuvent et se distribuent les terres... avant que le bateau ne coule.
(2) Je n'en suis pas sure pour celui-ci en français, plus confidentiel.
(3) L'herbe de Shashemene, rasta land, est réputée pour ses propriétés hallucinogènes.
J'ai reçu ce message avant mon départ pour Strasbourg et n'avait pas encore trouvé le temps de la traduire mais il demeure d'actualité, la situation en Ethiopie est inchangée. Les Ferenj bronzeront demain à la piscine du Hilton ou du Sheraton, les Habesha remâcheront leur colère, leur tristesse et plongeront encore un peu plus dans le désespoir.
Certaines de mes sources prédisent une nouvelle éruption de colère mais je ne suis plus en mesure de humer l'air du temps.
Il me semble que les gens sont fatigués de se faire tabasser et torturer au moindre murmure de protestation. Ils n'espèrent plus qu'en la guérilla..
Non content de bloquer TOUS LES SITES d'opposition, y compris mes blogs, depuis deux semaines environ, Ethiopian Télécons fait visiblement de son mieux pour ralentir les connections. surfer, ouvrir une mailbox Yahoo ou Hotmail devient virtuellement impossible.
Pire, le gouvernement a fêté ses quize années au pouvoir et la Banque Mondiale le gratifie d'un beau cadeau. Le fameux Protection of Basic Services project vient d'être approuvé et les millions de dollars vont de nouveau affluer dans les caisses du gouvernement. Ce n'est un secret pour personne, et surtout pas pour Ishac Diwan, le Country Director, qu'ils serviront en priorité à payer les salaires en retard des cadres du parti et des militaires...
Les anglophones peuvent consulter ce post un peu technique mais argumenté, mon interview d'un expert sur les derniers fonds et prêts accordés au régime.
Enfin, voici une émouvante missive, qui vous en dira bien plus long que je ne saurais le faire sur l'humeur noire des "insiders".
Addis Ferengi
Une lettre d'Addis
Je reviens juste de Piazza, des explosions ont eu lieu à la Commercial Bank ainsi que dans le bâtiment de l' EELPA . La façade ouest de la banque avait vraiment l'air mal en point, les grilles tordues. L'autre bâtiment était nettement moins touché. Le quartier de Gulele était plein de Feds et d'Agazis -militaires- mais je ne sais pas pourquoi.
Mais oui je suis en vie et en forme ! Juste très occupé par un nouveau projet, par ma famille et toujours sur la brèche pour compiler des récits de violiations des Droits de l'Homme, pour le futur... Désolé de ne pas t'écrire plus souvent. Tu sais aujourd'hui, en tant que père de famille, je suis franchement terrifié à l'idée de critiquer ouvertement ce gouvernement. Ils sont impitoyables. S'ils savent que tu es un dissident, rien ne les arrête et je sais que mon propre gouvernement ne fera rien pour moi, s'il m'arrivait quoi que ce soit. C'est un fait.
Malheureusement, quelle que soit ma nationalité officielle, la couleur de ma peau prime. Les Blacks et bronzés, africains, afro-américains, antillais ou indiens, sauf lorsqu'ils disposent de la bombe atomique ou d'énormes réserves de pétrole... ne sont rien..
Si tu rencontres Ana Gobeze, dis-lui que c'en est assez des parlottes, il faut agir. Les coupes dans le budget ne servent pas à grand-chose puisque que le gouvernement pillera son peuple pour combler les trous. Si seulement trois grands pays (les U.S.A., la France, l'Allemagne etc.) interdisaient leur sol à Ethiopian Airlines. Ce serait un sacré avertissement pour le chef. Il est vraiment temps que quelqu'un agisse. Le président japonais était ici il y a une semaine. Une insulte cinglante pour tous les éthiopiens qui souffrent au quotidien et leurs leaders emprisonnés. Le monde continue à passer le message "business as usual". J'ai voyagé dans le pays récemment; je cherche encore une seule, une seule personne qui soutienne le régime. Si seulement ils les laissaient s'exprimer, leur donnaient accès aux médias. S'ils se croient si populaire, qu'attendent-ils ? De quoi ont-ils peur ? Je te parle avec mes tripes. Quelquefois, je voudrais moi aussi pouvoir aller aux audiences du parlement européen, britannique, au congrès américain et y déverser ma rancoeur. Ce que fabrique la Communauté internationale est incroyable. Ils se contentent d'observer un procès joué d'avance. Le gouvernement ne reculera pas et ne relâchera pas les dirigeants de l'opposition. Ces pays, les diplomates, l'Union Européenne sont idiots de penser que le "boss" va tenir compte de leur avis. Tu as écouté son interview il y a trois semaines ? Il se fiche ouvertement de leur gueule ! Il les insulte et se fait arrogant. Ces pays et peuples puissants lui font pourtant encore la révérence.
J'ai visionné les débats télévisés tournés avant les élections. Je n'en croyais pas mes yeux, les leaders de l'opposition et leurs propos étaient si embarassants pour le gouvernement. Ils sont intelligents, honnêtes, démocrates, ce sont de vrais êtres humains, compatissants et en phase avec la population.
Ils parlent avec la foi, l'honnêteté et la décence de gens biens. Ils parlent avec les mots des gens ordinaires. La vérité leur a coûté cher, la vérité a fait du gouvernement actuel un ramassis de brutes, irrationnelles et implacables. Je pourrais t'écrire des pages, mon amie, mais j'arrêterai là avant de devenir encore plus enragé.
LES MENSONGES
J'étais en province, quelque part, il y a trois semaines environ. J'ai croisé des employés d'ETV Télévision et me suis assis à leurs côtés. Le reporter, après avoir bu son thé, dit au caméraman: "Allons-y, c'est l'heure". Le caméraman lui répondit: “Pourquoi, on a encore deux heures avant de tourner !" L'autre lui dit: "Nous allons tourner des mensonges, la mise en scène prend du temps, il faut les organiser et les rendre cohérents." En amharic cela donne: “Wushetin lemakenaget lemazegajet gize yasfeligenal.” Je n'en croyais pas mes oreilles et ai tenté de leur parler mais les deux m'ont dit: “Tu veux notre mort ?”
LA VERITE
J'étais sur Churchill road et ai été témoin d'une altercation opposant un mendiant et deux fédéraux. Je me suis arrêté pour écouter. Le mendiant disait: “Demain vous et votre stupide gouvernement tomberez. Peut-être alors serais-je soldat à mon tour et je vous donnerai des coups de fouet. Votre heure viendra, ne vous baladez pas en pensant que vous êtes là pour toujours. Même Mengistu, malgré tout son pouvoir, a du partir. Pourtant son armée regroupait toutes les ethnies. N'oubliez pas que vous ne représentez qu'un coin de Nord". J'étais très étonnée de voir que les deux flics écoutaient sans faire usage de leurs armes. L'un avait un fusil, l'autre une matraque et le mendiant continuait à les invectiver. Après son départ, j'ai suivi les deux hommes pour leur demander pourquoi ils n'avaient pas réagi. J'étais impressionné par leur calme, nous ne sommes pas habitués à rencontrer des fédéraux pacifiques. L'un deux m'a répondu: "Nous ne sommes pas tous pareils". Mais vous êtes armés, lui dis-je. "Ce flingue est comme le porte-monnaie de ma soeur, il est gros mais vide. Personne ne nous fait assez confiance pour nous le remplir." Je les assurai de mon respect et repris mon chemin.
Plus tard, je me suis demandé combien la vérité devait hanter le gouvernement malgré les mensonges qu'il répand. Dans tout çà, beaucoup d'entre nous oublient que bien des membres de la police, de l'armée, de l'administration ne le soutiennent pas non plus.
Bizarre...
Samedi dernier, un ami britannique a voulu prendre un bus pour Shashemene. Il était à bord depuis deux heures mais le véhicule demeurait immobile. Finalement tous les passagers ont été débarqués parce que l'armée avait réquisitionné le car. Ce jour-là, donc, aucun transport public n'a assuré la liaison. Nous avons tenté d'en savoir plus mais en vain. Certains ont juste évoqué des conflits ethniques dans le coin.
Addis est très calme et les gens en colère. Ils ont renoncé. Les efforts de Tegbar tombent à l'eau. Je ne sais même pas pourquoi ils continuent... Les gens sont terrifiés. Chacun d'entre nous est contrôlé comme un robot. Que sommes-nous censés faire lorsque nos corps, esprits et âmes sont englués de peur ? Mais que quiconque lance un appel au combat armé et des milliers le rejoindront. Des tas de gens me disent que la prochaine stratégie incluera des attaques ciblées contre les étrangers et leurs familles, surtout les allemands, les britanniques, les américains et les japonais.. Un gosse de 17 ans, emprisonné quelques temps à Dedessa, m'a confié qu'il envisageait de se suicider.
S.

Blogueuse censurée en Ethiopie
Je vous traduirai bientôt une émouvante lettre de Addis qui décrit bien le désespoir des "insiders".
C'est fait ! le gouvernement éthiopien, s'est enfin formé aux méthodes chinoises, des alliés très précieux lorsqu'il s'agit de censurer toute dissidence sur la toile... et ailleurs...
Les blogspot blogs:
# ethiopianpolitics.blogspot.com
# ethiopundit.blogspot.com
# seminawork.blogspot.com
# weichegud.blogspot.com
sont donc désormais inaccessibles d'Ethiopie ainsi que les sites:
# www.cyberethiopia.com
# www.ethiopianreview.com
# www.tensae.net
# www.quatero.net
# www.ethioforum.org
# www.ethiomedia.com
Cette liste n'est malheureusement pas exhaustive et inclut mon Ethioblog et le site Nazret.com qui l'héberge.
Sachez cependant que cette censure peut être contournée en utilisant des proxy tels que:
http://securebar.secure-tunnel.com
Faites suivre si vous avez des amis sur place.
Il y a quelques breaking news, cependant et notamment la suivante: l'opposition éthiopienne de la Diaspora, c'est le seul lieu où une opposition quelle qu'elle soit puisse survivre, est désormais unie. Je vous recommande un article de la BBC à ce propos.
Vous trouverez également en ligne ci-dessous, les compte-rendus détaillés de mes derniers déplacements ainsi que des liens vers des images terribles mais à ne pas manquer, postés par une Ferenji exilée de Addis mais toujours combattive. ;-)
AF

Blogueuse censurée en Ethiopie
J'ai quitté Londres ce matin-là, dans un état de totale panique . Allais-je rater mon vol, perdre mon passeport, ma carte d'embarquement ? Je me convainquis de les avoir effectivement égarés pendant 5 bonnes minutes. La terreur de décevoir les lecteurs qui m'avaient si chaleureusement fêtée la veille me paralysait. Sueurs et tremblements ne cessèrent qu'au décollage de notre avion.
Je dis "notre" parce que j'avais l'honneur de partager celui d'Anna Gomes, ainsi que son taxi à Strasbourg, l'occasion de bavarder en chemin. Je ne divulguerai certes pas les détails d'une conversation privée mais laissez-moi exprimer ma sincère admiration pour la brillante, gobeze Anna. (1) Contrairement à la plupart des occidentaux et leurs ambassadeurs, elle n'a jamais reculé à l'idée d'indisposer le nain Meles et ne tremble pas de tous ses membres lorsqu'il semble irrité. Elle lui a simplement enseigné quelques notions de démocratie, une leçon qu'il n'a toujours pas digérée... Contrairement à bien des occidentaux et leurs ambassadeurs, qui, il faut bien le dire, sortent rarement leurs fesses de leur 4X4 climatisé, Anna et son équipe ont écumé le pays, interrogeant des gens fort ordinaires. Contrairement aux perroquets Ferenj qui nous ont seriné que l'EPRDF remporterait sans problème les élections, Anna et son équipe ont remarqué que les éthiopiens, eux, ne l'entendaient pas de cette oreille. Je sais ce dont je parle puisque je vivais au milieu des perroquets, serins et autres volatiles. (2) Anna dit qu'elle se reproche d'avoir encouragé une opposition hésitante à participer à un scrutin qui leur a coûté leur liberté et menace leur vie. Elle affirme qu'elle ne les laissera pas tomber.
Je croisais enfin une Ferenj dont la révolte contre l'hypocrisie des vertueux "donors" et leur démocratie à deux vitesses égalait la mienne.Si vous voulez mon avis, avec une telle alliée, nous continuerons à lui faire la vie dure à Meles et je me tiens, c'est bien évident, à son entière disposition.
J'eus largement le temps de rejoindre mon hôtel, déjeuner et imprimer quelques notes avant de me diriger vers le parlement. Je croisais en chemin un ami Ethio-genevois qui m'aida à me repérer dans le dédale et l'usine à gaz que constituent son siège.
Nos amis étaient déjà là, allée du Printemps , un bon présage. Ils venaient de Bruxelles, d'Amsterdam, de Hambourg, Genève ou Paris... Ils s'étaient levés tôt, certains avaient roulé des heures, épuisés sans doute mais incroyablement bruyants.
Ecoutez-les !
Shoutings 1
Shoutings 2
Shoutings 3

Je dus bien y aller aussi de mon petit discours après que Johan van Hecke, parlementaire belge, Vice-Président du sous-comité aux Droits de l'Homme nous ait assuré de son engagement.
J'ai reçu le même accueil affecteux que la veille, évidemment et du retenir quelques larmes. Ovations, félicitations et nouvelles séances de photo, nos doigts brandis formant le V d'une victoire qui tarde mais dont nous ne doutons pas. Galvanisée, je quittai le lieu de rassemblement vers 18h30, couleurs éthiopiennes en bandoulière et roses rouges en main.
L'amphithéâtre n'est pas si impressionnant finalement. Vous ne faites pas face aux députés mais à la tribune et êtes seuls face à votre micro. Le temps de connecter nos laptops, dernières vérifs et... c'était parti !
Berhane Gebre-Christos, ambassadeur éthiopien auprès du parlement, n'a pas daigné - ou osé - se présenter. Anders Wijkman, parlementaire suédois affirma que ces excuses étaient ridicules.,
Andargachew Tsege pour la CUD, Aregawi Berhe pour l'UEDF et Hassen Hussein pour l'OLF n'eurent que peu de temps pour exposer les brutalités du régime et présenter leurs partis respectifs (3) mais l'essentiel fut dit. Yared Haile Mariam, investigateur de l'Ethiopian Human Rights Council, EHRCO, était aussi tendu et nerveux que moi. Je pouvais voir des larmes perler dans ses yeux alors qu'il nous faisait défiler sur l'écran des photos insoutenables des massacres de Juin et Novembre dernier à Addis. Sa présentation est en ligne mais réservée à un public averti. Vous devriez néanmoins la visionner.
Yared, plus tard dans la soirée,
Il sera un de mes prochains portraits.
Ce fut à moi en un éclair. Je dus diviser mes notes par trois au moins pour respecter le timing. Ma propre présentation est en ligne aussi. (5). Honnêtement, je ne sais plus ce que j'ai dit, ni comment mais j'ai parlé des Migs qui avaient survolé Eteya, de la présence militaire, des lycéens tabassés, de la jeune fille d'Ayer Tena froidement assassinée pour avoir refusé de s'agenouiller. J'ai demandé aux pays donateurs de prendre des sanctions, des vraies et de respecter les valeurs qu'il sont censés défendre: la Démocratie, les Droits de l'Homme... Le regard d'Anna (6) m'encourageait du perchoir. J'implorais quelques minutes supplémentaires pour projeter la vidéo dite "Dawit Gereto". Elles me furent accordées à condition que tous les participants aient pu s'exprimer.
Obang Metho résuma sobrement les souffrances du peuple Anuak avant que Martin Hill ne présente le dernier rapport d'Amnesty International sur la situation des prisonniers politiques accusés de trahison et de génocide.
Et puis vint le tour de Dawit (7), citoyen ordinaire de la zone Shaka, battu à mort par les milices du parti pour avoir fait campagne pour l'opposition. La version complète de la vidéo est consultable en cliquant ici. La nôtre ne faisait que quinze minutes.

A ce stade, je ne risque plus rien à dire que c'est moi qui, avec l'aide de quelques amis anonymes, ai fait sortir, en contrebande ;-); le document du pays. Berhanu and Ayele, mes sources, clairement identifées comme telles, ont payé le prix fort mais Dawit, frère humain dont le crime est demeuré impuni a atteint le parlement européen et çà, ce n'est pas rien, mes amis !
Bien sûr, l'amphy était trop éclairé, le texte introductif pas très lisible, le genre de reproches qu'on se fait, après coup... quand on est perfectionniste. Néanmoins, ils ont vu cette honteuse parodie d'enquête policière, vu le cadavre supplicié d'un père de famille et surtout, surtout, la souffrance et le désespoir de sa communauté. Quand je pense que ces "@#^^&~`^#" - auto-censuré - de "donneurs" en sont encore à prôner une "approche participative" (7) !
Une parlementaire pleurait...
Et c'était fini ! Nous avions assuré, au mieux de nos capacités en tenant compte du stress et du timing et pouvions nous relaxer. Embrassades "habesha" de rigueur, longs échanges d'impression... Nous étions déprimés bien sûr, anéantis par la déclaration brutale et maladroite de Machin-Truc-Chose Carvahlo mais pas assez pour renoncer à un dîner convivial, sur une terrasse de la place de Gutemberg.
La Fédération Internationale des Droits de l'Homme, FIDH -a réagi aux audiences de Strasbourg, cliquez pour le texte en anglais.
AF… bien décidée à remettre çà.
(1) Son français est tout aussi remarquable que son anglais.
(2) Les mêmes affirmaient plus tard que la CUD rejoindrait le parlement. mdr !
(3) CUD, Coalition for Unity and Democracy, UEDF, United Ethiopian Democratic Forces, OLF, Oromia Liberation Front
(4) Quelques bugs, je recommande Internet Explorer et la version "diaporama"
(5) Je l'appelle bien évidemment Madame mais elle est Anna dans notre affection.
(6) Cette vidéo a été tournée par l'EPRDF; les rapports écrits ennuient désormais Meles, il préfère des images...
(7) "Approche participative", l'ânerie du siècle dans le contexte éthiopien, soit encourager les populations à exprimer leurs besoins et à participer à leur propre développement. Vous allez voir comment on les laisse s'exprimer en visionnant la vidéo.
Berhanu Haile a été condamné à 5 ans d'emprisonnement sur la base d'accusations forgées par le régime en place. Son seul crime est d'être un dissident. Il a été arrêté le 27 Janvier dernier. Il est père et mari.
... Ou le baptême du feu d'une toute nouvelle activiste.A l'invitation du "Kinijit support group" (1) londonien, j'ai donc dimanche 14, quitté ma campagne aux aurores après une courte nuit de sommeil. Allais-je me montrer à la hauteur, pourrais-je prendre la parole en public ou serais-je paralysée par l'angoisse, la timidité, la peur de décevoir? Mes peurs ont bien vite été dissipées par l'accueil le plus charmant et le plus chaleureux qu'on puisse concevoir.
Voici dont mon compte-rendu d'une journée merveilleusement agitée.
Il fut clair dès mon arrivée à Heathrow que je serais traitée en VIP. Deux visages souriants, un jeune couple, un 4X4 équipé de conduite assistée par satellite, l'occasion de bavarder pour se détendre, je parviens même à plaisanter. "Vous savez, après toutes ces années en Ethiopie, je me sens une vraie Guébéré (2) en Europe." Mon hôtel est à Kensington, firs class. Quelques minutes pour me rafraîchir et je rejoins le hall. Un visage m'est familier.
"Excusez-moi, vous êtes Ato Obang (3) ? Je suis AF"
Obang, il cessa d'être Ato en un temps record, s'est écrié "Addis Ferenji" avant de me prendre dans ses bras, sans autre préavis. J'étais de retour au pays.
La voiture qui nous déposa un peu plus tard au Porchester Hall avait tout d'un vaisseau spatial. .
Mon coeur battait à tout rompre en pénétrant dans la salle de spectable. Mon Dieu, ils étaient des centaines. Un frémissement a parcouru l'assistance, j'ai entrevu des sourires radieux avant de prendre place, littéralement terrifée; au premier rang avec les autres orateurs... des pointures... eux..

Martin Hill, Amnesty International, nous présenta tout d'abord le dernier rapport concernant l'Ethiopie et les dirigeants de l'opposition emprisonnés avant que Steve Sinnott, Secrétaire Général du Syndicat britannique des enseignants, ne se lance dans un discours vibrant de solidarité avec ses collègues emprisonnés. Getachew Alemayehu et Andargachew Tsege (4) ont résumé douze mois d'intense répression et appelé tous les Ethiopiens à s'unir dans leur combat pour la Démocratie. Gidey Assefa, représentant l'Association Démocratique Internationale Tigréenne (5) a affirmé avec force que son organisation se tenait résolument, avec les Ethiopiens, dans leur lutte contre un régime tyrannique.

Martin Hill
Obang Metho, est un orateur né et fort spirituel. Des rires ont secoué la salle à plusieurs reprises bien que le massacre du peuple Anuak en 2003 constitue un des Crimes contre l'Humanité les plus tragiques jamais commis par le TPLF (6).

Gidey Assefa
Obang Metho
Mais l'invité d'honneur ce jour-là était bien évidemment Anna Gomes dont l'arrivée et le discours ont été salués par bien des "standing ovations". Surnommée Anna Gobeze - la forte, la brillante, la courageuse Anna -, membre du parlement européen et chef de la mission d'observation des élections de Mai 2005, elle est aujourd'hui une héroïne éthiopienne pour avoir, simplement, fait son boulot. Alors que l'ensemble de la communauté internationale donnait Meles Zenawi vainqueur, Anna et son équipe, notèrent bien vite que le résultat du scrutin pourrait s'avérer fort étonnant. Alors que nos ambassadeurs tremblent devant un petit dictateur haut comme trois pommes et osent à peine le contrarier, Anna a bien vite identifié et dénoncé des pratiques a-démocratiques. Son rapport, dont la publication a été repoussée pendant plus de 6 mois (par les "donneurs"... trop embarassant) est accablant, révélant des fraudes massives, des investigations truquées, l'intimidation, le harcèlement d'opposants et ce, jusqu'au meurtre. Dans son combat pour la vérité et la justice, elle ne peut certes pas compter sur le soutien des Ferenj - étrangers- dont elle a, comme moi d'ailleurs, bousculé la routine. Elle a pris fait et cause pour l'Ethiopie, pays qu'elle ne connaissait pourtant pas du tout. A l'occasion de ce premier anniversaire des élections, elle s'est adressée au peuple éthiopien dans une vidéo que je vous recommande. Après avoir rapidement pris deux ou trois notes, elle improvisa un discours brillant, saluée par une salle enthousiaste et souvent debout.
Alors qu'Ato Gidey et moi nous dirigions vers la sortie pour griller une cigarette méritée, ils sont venus vers moi, mes fans... Eh oui, je suppose que j'ai des fans maintenant!
Ils sont venus me remercier, m'encenser, me révélant leurs pseudos de blog, réclamant une photo. J'ai volontiers posé pour beaucoup, brandissant le V de la Victoire, par pur goût de la provocation. Je reçus même des cadeaux et je finis par signer des autographes ! Tout cela aurait été probablement fort embarassant sans le tact et la gentillesse légendaire des Ethiopiens.Je ne peux que les en remercier humblement et continuer à travailler, de plus en plus, dans l'espoir de ne pas les décevoir.
L'événement s'est achévé comme il se doit, repas traditionnel et musique. Quatre voix merveilleuses interprétant des chants patriotiques devant une audience déchaînée.

Un dernier verre avec Gidey et Obang - plus question de formalités Ato/Woizero- . dont j'écrirai bientôt les portraits et il fut grand temps de regagner ma chambre, fleurie, comme vous pouvez le constater. 
Les audiences du parlement européen le lendemain, étaient un autre défi. Je m'attèle donc à ce dernier compte-rendu avant de reprendre le fil du blog. Je risque de poster en masse, ces jours-ci, afin de combler le retard. J'ai du me remettre de toutes ces émotions ;-)
A l'équipe Kinijit : Merci et bravo, baisers à Yemi.

De gauche à droite, Anna Gomes, Gidey Assefa, AF, Obang Metho
A tous: Restez motivés et branchés, le combat a à peine commencé ! et l'ensemble de l'opposition éthiopienne, y compris les branches pronant le combat armé, est désormais unie, au grand dam de ces imbéciles de Ferenj, qui n'ont, comme d'hab, rien vu venir. Lire à ce propos l'article de la BBC.
AF
(1) Kinijit ou CUD, principal parti d'opposition éthiopien.
(2) Guébéré, paysan, fermier en un mot plouc ;-)
(3) Ato signifie Monsieur, Obang Metho dirige le Anuak Justice Council et se bat pour la reconnaissance du génocide de son peuple, les Anuak de la région Gambella.
(4) Ato Angargachew Tsege vient d'être désigné par les leaders emprisonnés comme un des nouveaux 6 dirigeants de la CUD en exil.
(5) Les Tigréens sont l'ethnie très minoritaire du Premier Ministre et contrôlent l'ensemble du pays.
(6) TPLF, parti du Premier Ministre. Par extension, parti au pouvoir puisqu'il contrôle l'EPRDF, lui-même composé de partis régionaux censés représenter les différentes ethnies mais inféodés au TPLF.
Berhanu Haile a été condamné à 5 ans d'emprisonnement sur la base d'accusations forgées par le régime en place. Son seul crime est d'être un dissident. Il a été arrêté le 27 Janvier dernier. Il est père et mari.
J'ai bien des choses à vous raconter, mon voyage de deux jours, riche en émotions et rencontres, une lettre d'Addis à traduire mais tout d'abord, voici un court compte-rendu de l'Audience du 15 mai dernier.Le comité du Développement, le comité des Affaires Etrangères ainsi que le sous-comité des Droits de l'Homme organisaient conjointement une audience exceptionnelle sur la situation politique en Ethiopie, audience à laquelle j'étais conviée à participer.
Je vous passe volontiers le stress et l'angoisse, la déception inévitable - ce n'est jamais comme dans vos rêves, on ne dit qu'une partie de ce qu'on voulait dire: les témoins ne disposaient que de 3 minutes chacun - et vous raconterai plus en détail dans un prochain post.
Je pense néanmoins que notre équipe de 7 invités, représentants de partis d'opposition ou témoins de la répression, a atteint son objectif, dénoncer le régime de Meles Zenawi pour ce qu'il est: une des dictatures les plus sanguinaires de la planète. Nos images et vidéos à elles seules le démontraient.
Le fait que l'ambassadeur éthiopien auprès du Parlement n'ait pas daigné ou osé... se présenter a d'ailleurs confirmé une impression déjà désastreuse.
La remarquable Anna Gomes, chef de la mission d'observation des élections de Mai 2005 et adversaire farouche du gouvernement éthiopien, s'est déclarée satisfaite et certaine que davantage de députés européens s'engageront désormais à ses côtés.
Mais le fait marquant, pour moi, de cette réunion, fut l'intervention d'un Monsieur Truc-Carvahlo - vous comprendrez pourquoi je n'ai aucune envie de faire preuve de politesse et de m'informer de son nom - représentant la Commission Européenne.
La Commission est indépendante du Parlement et relève des Etats Membres, l'opinion de leurs parlementaires, pourtant élus eux, disons-le sans ambages... ils s'en battent l'oeil !
Chargé de présenter la position des "donneurs" (1) après nos témoignages accablants, M. Machin Carvahlo, s'est lancé dans une interminable énumération de toutes leurs vertueuses indignations. Coupé, ce n'est que justice, par Madame Hélène Flautre, présidant le sous-comité aux Droits de l'Homme et sommé de nous dire si oui ou non, la Commission entendait prendre les mesures prévues aux termes de l'article 96 des accords de Cotonou - essentiellement des sanctions visant les cadres du régime et l'interruption de l'Aide Internationale -, M. Truc Chose a répondu: "Non !" haut et fort. Une maladresse blessante, résonnant comme une insulte.
Il y a de quoi vous casser le moral... non ?
Il a par ailleurs accusé la Diaspora éthiopienne de déverser sur les pauvres "donors" des commentaires au vitriol, ce qui m'a particulièrement irritée. Dieu sait s'ils les méritent !
Je ferais bien à M. Quelque Chose Carvahlo une démonstration vitriolique mais est-ce bien la peine ? Vitriole-t-on un robot domestique ?
Nous avons échangé un bref regard, méfiant et aggressif, des deux côtés. Mon cher mari a raison finalement, ses confrères et supérieurs ne m'aiment pas, ni mon blog. Notez que je ne les aime pas non plus. ;-) J'ai détesté ce que j'ai lu dans les yeux de M.Truc Carvahlo, un mélange d'arrogance, de cynisme et de culpabilité.
En bref, les éthiopiens peuvent être abattus comme des chiens, parqués dans des prisons sordides ou des camps de concentration ou crever de misère quand leur gouvernement corrompu intercepte l'Aide à toutes autres fins, l'Europe s'en tamponne. Quand il s'agit de la Biélorussie... ou de l'Iraq par contre...
Meles Zenawi restera au pouvoir. Ainsi en ont-ils décidé... Les vrais vainqueurs du scrutin pourriront en prison s'ils ne sont pas condamnés à mort, les dépenses militaires augmenteront encore au détriment d'une population déjà éprouvée, la guérilla s'étendra et la chute prévisible du petit dictateur laissera le pays exsangue...
Enfin, çà, c'est le scénario catastrophe... nous n'avons pas dit notre dernier mot et allons désormais contacter leurs parlements nationaux et leur faire la publicité qu'ils méritent...
Addis Ferengi résolument politiquement incorrecte
(1) Donors, donneurs, j'utilise ce franglais ou sa mauvaise traduction par commodité, plus court que pays donateurs.
Berhanu Haile a été condamné à 5 ans d'emprisonnement sur la base d'accusations forgées par le régime en place. Son seul crime est d'être un dissident. Il a été arrêté le 27 Janvier dernier. Il est père et mari.
