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Juillet 2005 : répression dans les campagnes

Juin 2005 : répression massive

Les Droits de l'Homme en Ethiopie

La liberté de la presse

Les fraudes électorales

Un reportage sur les lieux des tueries du 8 juin

Mes portraits de dissidents

Ils ont "lié" et fait suivre :

Amnesty Belgique

Sylvain Mandin

Re-so.net

Le blog de re-so

Ils ont répondu et nous lisent :

Reporters Sans Frontières France

RSF Afrique

Ethiopian Human Rights Council Support Support Group - Pays-Bas &

Association of Ethiopian Civic Movements  Contact: justiceforethiopians@yahoo.com

Ils s'en tapent !!!   :

Les forums de "Libé"

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Mais oui je  continuerai à voter à gauche ;-)

Son Excellence M. Stéphane Gompertz, ambassadeur de France à Addis et tous ses confrères

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Ethiopie, quelques faits

Vendredi 1 juillet 2005 5 01 /07 /2005 00:00

Vaste problème dont je ne me suis préoccupée que bien tard...

Les éthiopiens sont courtois, souriants mais peu bavards. S'il ne faut pas avoir inventé l'eau chaude pour identifier un régime autoritaire, on peut vivre dans une dictature sans le savoir.

Certes, j'ai comblé mes lacunes mais à ma grande honte et dans un grand désarroi. Je vous livre ici quelques unes des découvertes de Bécassine en Abyssinie .-)

Human Rights Watch en Oromia

Visitez http://www.hcr.org et les pages par pays, c'est édifiant.

C'est pourtant dans l'indifférence générale, la mienne en particulier, que quelques jours avant les élections Human Rights Watch a publié un rapport sur la situation des Droits de l'Homme dans la région où je réside et bien d'autres documents sont en ligne.

Pour l'anecdote, il n'est pas si anecdotique que cela de signaler que faire suivre ce lien par mail vous vaut ici une réponse automatique du postmaster d'Ethiopian Telecom. Pour leur filtre anti-spam des expressions telles que "Droits de l'Homme" et "fraudes électorales" sont évidemment assimilables à des obcénités.

Le rapport intégral est heureusement consultable, en anglais, à l'adresse suivante : http://hrw.org/reports/2005/ethiopia0505/ mais je vous en livre quelques faits marquants.

  • Un an avant les élections, le gouvernement a instauré en Oromia le système dit gott  and garee pour renforcer son contrôle de la population rurale. Chaque garee leader contrôle une demi-douzaine de familles et rapporte les éventuelles dissidences au gott leader qui lui-même en réfère au kebele qui réfère à la woreda*... ad libidum. Un paysan qui n'assiterait pas assidûment aux réunions de propagande au bénéfice du gouvernement ou omettrait de remplir ses obligations communautaires, essentiellement du travail forcé, est susceptible de se voir infligé une amende, une peine d'emprisonnement faute de pouvoir la payer voire d'être expulsé de sa terre qu'il ne possède pas et que l'Etat met à sa disposition.
  • Le rapport ne s'intitule pas "suppressing dissidents" par figure de style. Il s'agit bien de détention arbitraire, de harcèlement, d'intimidation, de torture et de "disparitions". Une des distractions favorites des policiers et miliciens consisterait à attacher des bouteilles d'eau à moitié pleines aux testicules de leurs suspects, une jeune lycéenne rapporte qu'on l'a contrainte à se mettre en sous-vêtements avant de lui coller un revolver dans la bouche pour la dissuader de s'occuper davantage de politique.
  • Les professeurs des lycées et collèges sont d'ailleurs les mouchards de leurs élèves et vivement encouragés à  rapporter tout égarement politique. Ainsi des enfants de respectivement dix et onze ans ont été emprisonnés pour avoir tatouté sur leur bras ou griffonné sur un coin de tableau noir le sigle de l'OLF : Oromia Liberation Front *.

Etthiopian Human Rights Council http://www.ehrco.net

Au moins 6 responsables ou investigateurs du Conseil éthiopien des Droits de l’Homme ont été arrêtés après les élections de mai dernier. Leurs crimes : avoir fait partie des observateurs des élections ou enquêté sur les événements du 8 juin et les crimes de Mercato. Ils sont détenus dans le camp militaire de Zwaye, exposés à la malaria et victimes de traitements inhumains cf. Prisonniers et SIDA.

Si leur site n’est pas à jour, leur rapport sur les violations des Droits de l’Homme dans la région Amhara vaut largement celui de HCR. Je ne traduirai, au hasard, que trois des dizaines de faits rapportés.

  • Alame Eziawdress : le 24 août 2004, la police de la woreda* et la milice du kebele* l’attaquèrent dans la ville de  Gundeweyin. La cour sociale du kebele  lui infligea une amende de 30 birr * pour avoir omis de participer aux travaux communautaires. Dans l’incapacité de s’acquitter de cette somme, il fut conduit à la prison du kebele.
  • Aguate Bitu : le 30 août  2004 à huit heures du matin, les hommes armés de la milice du kebele l’arrêtèrent à son domicile pour le conduire dans un lieu isolé et le passer à tabac. Il affirme ne plus pouvoir se lever ou bouger sans aide.
  • Tize Habtamu et Abyot Tize : le 30 août 2004 à environ 7 heures du matin, des membres de l’armée de réserve et de la milice armée du kebele les arrêtèrent à leur domicile, les emmenèrent dans une ville appelée Lega Neous où ils furent passés à tabac. Tize a désormais des difficultés à se mouvoir et à uriner.

Vous aurez compris et je n’en jette plus encore qu’une visite à Solidarity Committee for Ethiopian Political Prisoners vous révèle l’existence de « ghost houses » où les dissidents sont susceptibles d’être emprisonnés et torturés un temps indéfini sans jamais passer en jugement.

 

* divisions administratives nationales comparables à cantons et préfectures;

* L'OLFest considéré comme une organisation terroriste par le gouvernement mais leurs discours est plutôt mesuré faice au terrorisme d'Etat. Ses sympathisants sont systématiquement persécutés.

* 30 birr ou 3 € constituent une fortune pour un paysan qui ne les gagne pas en un mois.

Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Vendredi 1 juillet 2005 5 01 /07 /2005 00:00

Encore un luxe occidental dont ne on ne sent le manque que lorsqu'on en est privé, je n'ai quasiment pas ouvert un journal éthiopien avant la campagne électorale.

Les éditoriaux ne manquaient pas d'audace mais prévenaient : si le gouvernement risquait fort de subir une défaite électorale, il ne s'en irait pas comme cela, objectivité visionnaire s'il en fut.

L'Ethiopie dispose donc bien d'une presse moderne, efficace, informée et... persécutée. Certains sites ou radios basés à l'étranger permettent cependant aux privélégiés d'accéder à des informations non censurées.

La télévision elle diffuse un ennui absolu et est entièrement contrôlée par le gouvernement, tout comme radio Fana. Les radios libres sont inexistantes ou clandestines. L'opposition a pourtant eu pour la première fois accès aux médias nationaux au cours de la campagne et les débats ont généré une audience record. Il s'agissait de convaincre les "donneurs" que le processus de démocratisation étaient bien enclenché. Nul, parmi la presse internationale et les spécialistes de l'Afrique ne semblait douter de la victoire électorale du parti au pouvoir : l'EPRDF.

Quels clics sur internet suffisent pourtant à démolir cette fragile façade et je vous suggère simplement de consulter les liens suivants.

Vous trouverez tout dans les articles et rapports de Reporters sans Frontières, arrestations et détentions arbitraires, intimidations dans un pays qui au dire de tous fait preuve d'"ouverture" depuis 2001 et alors qu'on qualifie Meles Zenawi de leader moderne (dixit Tony Blair soi-même) découvrez son vrai visage...

D'ailleurs, tant quà faire, identifiez tous les prédateurs de la liberté de par le monde au palmarès de RSF, une sinistre galerie que Meles ne dépare pas.

Si la visite au CPJ est redondante. Le site, très à jour, et ses alertes quotidiennes méritent le détour.

Très nerveux depuis leur défaite électorale, les dirigeants éthiopiens terrorisent, intimident et commettent erreurs sur erreurs alors qu'ils sont sous les sunlights de l'actualité politique.

Je prie pour que cela présage leur chute.

Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Samedi 2 juillet 2005 6 02 /07 /2005 00:00

Le National Election Board of Ehiopia (NEBE pour les intimes) me ferait franchement rigoler si la situation n'était pas si tragique.

Outre qu'ils sont infichus de tenir leur site à jour ou de divulguer des résultats dans un délai raisonnable, leurs rapports, instructions, statements et communiqués condensent tous les ridicules d'une administration éthiopienne que j'ai pris l'habitude d'éviter : ils me rendent chèvre.

Mais il y a plus grave, bien plus grave...

Outre que Kemal Bedri, son dirigeant, nommé par Meles Zenawi peu après son accession au pouvoir, il y a quatorze ans, est aussi président de la Cour Suprême - ce qui laisse mal augurer de l'indépendance de la structure - sa crédibilité, au sein de la population ou parmi les observateurs internationaux, est absolument nulle.

En effet, un rapport confidentiel - mais apparemment partiellement divulgué - des observateurs de l'Union Européenne indiquait quelques jours après les élections que NEBE semblait ne pas contrôler le décompte des voix et se contentait de reporter des résultats invérifiés et invérifiables au fur et à mesure du processus. Ana Gomes, chef de la délégation européenne, dénonçait des irrégularités et déclarait d'ailleurs le 24 mai (traduction) :

"L'ensemble de ces pratiques mettent sérieusement en cause la transparence et l'honnêteté des élections. Des risques de manipulation grandissants risquent de miner la confiance de la population dans le processus..."

Pire, le 16 mai, le gouvernement annonçait sa victoire bien avant la publication officielle de résultats partiels et sans que les partis d'opposition aient accès aux médias officiels. Le CUD, principal parti d'opposition, en appela à la Cour Suprême au motif que cette annonce prématurée était anti-constitutionnelle, argument que la Cour, dirigée par le même Kemal Debri, rejeta bien évidemment.

Pourtant si les 52 observateurs européens n'ont pas dénoncé de fraudes manifestes dans les bureaux où ils étaient présents, les témoignages en provenance de bureaux de vote ruraux, de régions enclavées et parfois inaccessibles étaient alarmants. La non-officielle radio éthiopienne, celle du bouche à oreille, fonctionnait à merveille. Urnes volées, brûlées, votants confrontés à des kalashnikov, passages à tabac, les fraudes étaient massives et la victoire de l'EPRDF, un mensonge éhonté.

299 circonscriptions sur 517 étaient contestées.

Pas un mot sur les circonstances de ces "prétendues" fraudes dans les journaux locaux en anglais mais, en ligne, quelques témoignages accablants et les plaintes du CUD, dont voici quelques extraits condensés.... sans commentaires...

  • A Bitchena au Gojam, six militiens armés étaient stationnés devant chaque bureau de vote. Ils ont empêchés les observateurs d'accéder ou site et chassés ceux déjà présents. Les réprésentants du CUD ont été forcés de signer des résultats électoraux, nettement frauduleux. Des votants ont été contraints de cocher le symbole du parti au pouvoir - une abeille - ou intimidés afin qu'ils ne votent pas. Certaines urnes étaient endommagées ou ouvertes etc.
  • A Debre Elias au Gojam, les réprésentants du CUD ont été intimidés, harcelés et passés à tabac. Les votants ont été menacés par des hommes armés afin qu'ils choisissent l'EPRDF. Les partisans du CUD n'ont pu accéder aux urnes etc.
  • A Sulilta et Mulu, Shewa Nord, en Oromia, les votants ont été intimidés par l'expulsion des observateurs du CUD  et des affirmations des responsables de l'EPRDF telles que :  voter pour l'opposition vous privera de fertilisants, semences, crédit. Vos enfants n'iront plus à l'école et vous, en prison.
  • A Abomsa, Arsi, en Oromia, les cadres de l'EPRDF qui supervisaient le comptage des voix ont attribué à leur parti 426 bulletins blancs. Les votants ont été publiquement  sermonnés et enjoints à voter pour l'EPRDF s'ils voulaient éviter des problèmes personnels dans les jours qui suivraient. L'EPRF a aussi utilisé un moyen bon marché et illégal tel qu'installer une ruche dans un des arbres sous lesquels les votes prenaient place et ses cadres désignaient constamment la ruche aux votants*.
* L'abeille et la ruche sont le symbole de l'EPRDF.
Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Dimanche 24 juillet 2005 7 24 /07 /2005 00:00

La traduction imparfaite mais fidèle d'un appel désespéré

Faites suivre, ici:  "Le pire est toujours certain" - Diderot in Jacques le Fataliste

Répression dans les campagnes Ethiopiennes
Ethiopian National Congress (UNC) 24 Juillet 2005

Les rapports qui nous parviennent des campagnes éthiopiennes confirment que, suite à son apparente défaite électorale, l’EPRDF, parti au pouvoir, a lâché  sur la population ses Forces Spéciales, appuyées par des groupes paramilitaires et ses cadres armés. Dans un accès de répression qui s’apparente de plus en plus à un génocide, bien des gens ordinaires sont tués et blessés. Beaucoup sont intimidés ou torturés.

Des témoins de première main confirment que des maisons et propriétés sont brûlées, des terres et du bétail confisqués. Des centaines, voire des milliers de familles et individus terrifiés sont contraints de quitter leurs fermes, au beau milieu  de la saison agricole. 

La répression féroce du gouvernement s’abat sur des paysans innocents dont le seul crime a été de rejeter les candidats du parti. Elle vise aussi à intimider ceux qui oseraient témoigner des fraudes électorales, dans le cadre du processus d’investigation mené par le National Election Board, acquis au pouvoir en place.

Bien que la répression concerne la totalité du pays, elle revêt dans certaines régions des formes particulièrement brutales. Ainsi dans la région Wollo et plus particulièrement en zone Borena, on rapporte massacres (mass killings) et déportations. Les mêmes informations nous parviennent de Gondar, Gojam de l’Est, de Shoa ou de certaines circonscriptions de Wollega ou de l’Ethiopie du Sud.
Les résidents de l’Ethiopie rurale sont particulièrement vulnérables à ces atrocités ciblées, dans des régions enclavées où les médias indépendants et les groupes de défense des Droits de l’Homme n’ont pas accès et où, par manque d’infrastructures, les communications et les transports sont difficiles. Conscient de cette situation, l’EPRDF y agit en toute impunité.

Nous implorons tous les Ethiopiens et toutes les agences internationales de se faire entendre pour mettre un terme aux assassinats quotidiens. Le gouvernement actuel corrige les résultats électoraux du 15 mai dernier et exerce une vengeance impitoyable. Les commentaires prématurément élogieux de certains groupes issus de la communauté internationale sur la conduite de ces élections lui ont fait perdre tout sens de la mesure.

Ces actions irresponsables et brutales doivent cesser avant que beaucoup d’autres perdent la vie, soient déportés, que leurs biens soient brûlés ou confisqués et qu’ils affrontent la famine en résultant. Nous demandons à tous les justes de cette planète ainsi qu’aux associations de défense des Droits de l’Homme de se manifester dès maintenant pour faire cesser ces exactions.

Nous implorons les organisations internationales expérimentées en ce domaine d’enquêter dans les plus brefs délais sur les faits que nous rapportons. La plupart des Ethiopiens sont profondément perturbés par une répression qui prend des allures de génocide et par le silence apparent de la communauté internationale.

Pour l’Ethiopian National Congress
Le conseil d’Administration

Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Vendredi 29 juillet 2005 5 29 /07 /2005 00:00

Deux mois et demi après les élections, des résultats officiels sont désormais publiés pour 435 circonscriptions sur 524. Chapeau bas, messieurs ! Votre célérité n’a d’égal que votre honnêteté.

21 sièges seront disputés dans la région Somali le 21 août prochain, les résultats sont en suspens pour 74 circonscriptions et le scrutin va être rejoué dans 15 autres. La liste de ces dernières n’est pas publiée à ma connaissance - mais vous trouverez ci-dessous quelques clés.

Les désormais fameuses Adama 2 et 3 méritent quelques commentaires extraits d’un article intitulé : «Daylight Robbery of the people’s votes». Adama, aussi appelée Nazareth, est la capitale régionale de l’Oromia.

Dans la circonscription d’Adama 1, le CUD l’a emporté avec 67% des suffrages contre 16% au parti au pouvoir ou à ses alliés. Le résultat n’est pas contesté.

A Adama 2, la candidat UEDF l’a emporté avec 70,43%. L’EPRDF et son allié local le contestent au motif que la vainqueur, Ato Girma, s’est disqualifié en menaçant de se retirer du processus électoral. Ato Girma a beau expliquer qu’il a été victime de harcèlement et d’intimidation de la part des cadres du parti, le comité d’investigation tranche : la cironscription de Adama est désormais un fleuron du succès électoral du gouvernement.

A Adama 3, le CUD a reçu, juste après le décompte, un avis de victoire mais le représentant du NEB, Ato Sintaeyu, prit l’initiative de  modifier les chiffres et d’annoncer à ses supérieurs la victoire de l’EPRDF. Le rapport précise : «Les représentants du CUD ont montré le reçu initial aux quatre observateurs internationaux présents mais puisque leur job est d’observer… ils n’ont rien dit ». Sic !

Passons maintenant au témoignage d’un  représentant de l’opposition dans le cadre des CIPs – complaints’ investigations panels – affectés dans les woredas de Bati, Albico, Sayint No. 2 Densa … rapport un peu long, j’irai donc à l’essentiel.

A Bati – 49 bureaux de vote  - l’opposition l’a emporté avec plus de 5000 voix d’avance. Las, l’EPRDF conteste au motif que, dans 14 bureaux, les responsables locaux des élections ont fait campagne pour le CUD et que dans deux d’entre elles, ils ont exprimé leur point de vue le jour même. Ils présentent deux témoins hésitants et contradictoires au CIP. Résultat : on va y rejouer le scrutin. Le rapporteur précise que l’opposition devrait remporter haut la main ce second tour seulement voilà, Bati est une woreda difficilement accessible, il est financièrement impossible pour le CUD d’y assurer la présence d’observateurs. « Le problème c’est que nos meilleurs militants y sont jetés en prison ou disparaissent. Les crédits agricoles pour l’achat de fertilisants sont refusés à tous ceux qu’on suspecte d’avoir voté pour nous, à moins qu’ils n’expriment publiquement leurs regrets ; » etc.

A Albico, le CUD l’a emporté aussi… mais voilà… trois urnes ont été fracturées. « Oui, affirme un témoin appointé par l’EPRDF, elles ont été fracturées par Getachew, un agent du parti ! ».  N’importe, ces élections n’ont pas été transparentes et justes, tranche le CIP. Qu’on les rejoue ! L’EPRDF vote en faveur de la ré-election, tout comme le représentant du NEB, celui du CUD ronge son frein, impuissant.

A Sayint 2, Densa woreda c’est le CUD qui porte plainte. Las, le véhicule appointé pour les emmener sur les lieux de l’investigation  ne les dépose pas à Densa ou Sayint même mais dans la ville  d’Abijar, à plus de 80 kilomètres de là – 80 kilomètres sur de mauvaises pistes, même en 4X4… croyez-moi… c’est beaucoup -. Qu’importe, les membres du CUD affectés au panel d’investigation insistent. Leur témoin les attend là-bas. On les met en garde, il y a des bandits sur la route… qui est très mauvaise. Ils demandent une protection policière et s’embarquent pour le voyage périlleux. Soudain, les guides de l’EPRDF interrompent leur progression rapide et menacent le chauffeur, il faut rentrer à Abijar. Puisque le CUD n’a pas été en mesure de présenter son témoin dans les 24 heures requises, le CIP tranche une fois de plus et toujours à deux voix contre une : un nouveau scrutin n'y est pas indispensable

Baka ! comme on dit ici… enough, basta, assez… vous avez compris.

Je vous recommande également l’article malicieux : « Un p’tit coin d’Oromia, le kebele 3 » histoire de « rire de peur d’être obligé d’en pleurer » mais signez la pétition !

Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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J'ai quitté l'Ethiopie le 24 mars et plutôt en vitesse... sous la pression intense du gouvernement, largement épaulé par une ambassade que je ne nomme toujours pas mais qui ne perd rien pour attendre ;-), pas la française évidemment.

Les visiteurs peuvent me joindre à l'adresse  : addisferenji@hotmail.fr

et continuer à signer notre pétition en français (petition : see English translation)



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