A lire pour suivre
Juillet 2005 : répression dans les campagnes
Juin 2005 : répression massive
Les Droits de l'Homme en Ethiopie
Un reportage sur les lieux des tueries du 8 juin
Ils ont "lié" et fait suivre :
Ils ont répondu et nous lisent :
Reporters Sans Frontières France
Ethiopian Human Rights Council Support Support Group - Pays-Bas &
Association of Ethiopian Civic Movements Contact: justiceforethiopians@yahoo.com
Ils s'en tapent !!!
:
Les forums de "Libé"
Jack Lang
DSK (sniff !)
Bernard Kouchner (re-sniff !)
Mais oui je continuerai à voter à gauche ;-)
Son Excellence M. Stéphane Gompertz, ambassadeur de France à Addis et tous ses confrères
Les éthiopiens ont patienté, le 15 mai dernier... ils savent faire. Nombre insuffisant de bureaux, mauvaise volonté des pouvoirs publics ou non, ils se sont exprimés en masse. Les résultats de la capitale Addis-Abeba n'ont pas tardé à être annoncés : presque 80% de ses habitants infligeaient à Meles Zenawi un camouflet sans ambiguïté.
Trois jours plus tard, les médias gouvernementaux annonçaient, à la consternation générale, la victoire de l'EPRDF, parti au pouvoir et son intention de former dès maintenant un nouveau gouvernement.
Curieusement, les ministres de ce même gouvernement, certains présidents de région avaient subi un verdict électoral sans appel et ce dans les villes et villages dont ils étaient originaires... mais l'EPRDF avait gagné, c'est en tout cas ce que Radio Fana et Ethiopian TV rapportaient.
Mieux, Meles Zenawi instaurait l'Etat d'urgence, interdisant toute manifestation avant le 8 juin, date de l'annonce officielle des résultats
Mais tous savaient : les fraudes étaient massives et Meles avait perdu.
6-7 juin : premières protestations
Les étudiants furent les premiers à protester, le 6 juin, encore qu'il semble qu'une descente de police dans leurs dortoirs, les aient provoqués la veille. Ils s'assirent pacifiquement sur les murs de leur université et leur mouvement fut suivi le lendemain, par des collèges techniques, à Kotebe, Meskal square etc.
La réponse des forces spéciales fut d'une grande sauvagerie, on déplorait dès le lendemain la mort "accidentelle" d'une très jeune et jolie jeune fille.
La population, outragée par la violence des forces spéciales, prit le parti des jeunes gens, commença à jeter des pierres ou à interpeller les militaires des fenêtres des bureaux.
Les arrestations massives commencèrent. Dès le soir du 7 juin, on me signala des coups de feu sporadiques aux alentours de Siddist Kilo.
La veille, presque tous les enfants de l'école de mon fils, avaient été précipitamment repris par leurs parents ou gardiens. Il ne devait pas suivre ses cours de toute la semaine et nous, à peine sortir de notre "compound".
Les chauffeurs de taxi se mirent en grève, la plupart des boutiques fermèrent, mouvement qui devait s'accentuer le 8 juin et se prolonger jusqu'à l'annonce d'un accord signé par le gouvernement et l'opposition sur la gestion des fraudes électorales, le samedi suivant.
8 juin 2005 : le massacre
Les nouvelles vont vite à Addis... et on sut bien vite qu'il fallait éviter les alentours du marché central : Mercato où on évoquait la présence de chars (sic !). Les portables et communications téléphoniques ou internet allaient bon train avant qu'Ethiopian Telecoms n'y mette un terme aux alentours de 15h00. Nous étions coupés du reste du monde et infichus d'appeler nos proches, ne serait-ce que pour les rassurer.
La vérité des événements n'est toujours pas connue, le sera-t-elle jamais ? Le gouvernement prétend que des casseurs s'attaquaient aux boutiques et aux banques. Le petit peuple d'Addis lui affirme qu'il n' y a ni banques ni boutiques dans le quartier où sont nés les affrontements mais seulement des habitations. Ato Meles Zenawi se refusait encore à prononcer des excuses publiques le 4 juillet - dans une interview accordée à Stephen Sackur de Hard Talk, BBC. Il fallait pour cela qu'une commission "indépendante", commission que l'on n'avait, semble-t-il, même pas commencé à mettre en place... se prononce afin de savoir si, oui ou non, les soldats avait fait un usage excessif de la force.
Ce qui est sur en revanche, c'est que les forces spéciales du gouvernement ont ouvert le feu sur des centaines de très jeunes gens armés de pierre. Ce qui est sur en revanche, c'est que dans la mêlée, de parfaits innoncents ont été touchés, y compris un écolier en uniforme. Ce qui est sur en revanche, c'est qu'une mère a perdu deux fils, dont l'un tentait de secourir le premier. Ce qui est sur, en revanche, c'est que l'intervention des militaires a fait une quarantaine de morts et plus d'une centaine de blessés. Capital rapportait également qu'on avait demandé aux familles des victimes de verser une somme de 1040 Birr - une centaine d'€ : une fortune - pour récupérer les dépouilles de leurs enfants. source
Oui, la communauté internationale a condamné et puis ? Meles Zenawi étaient convié à Glenneagles, tout comme il est censé assiter au sommet mondial de septembre qui se tiendra à New-York, au siège des Nations Unies.
Ce qui me parait sur, à moi et en toute humilité, c'est que le terrorisme d'Etat, la violation quotidienne des Droits de l'Homme et la corruption d'un régime dictatorial, la communauté internationale n'en a rien à battre et que çà me donne la nausée : cf. "c'est normal, c'est l'Afrique !"
Les loups sont entrés dans Addis !
Si l'Ethiopie vit depuis des décennies un régime de terreur, elle est aujourd'hui bien visible. Des patrouilles armées sillonnent Addis. Les policiers et militaires non tigréens - ethnie au pouvoir - se sont vus retirer leurs armes et leurs munitions, les forces fidèles au régime, elles, paradent en tout impunité, semant la crainte et dispensant un avertissement clair : "tenez-vous tranquilles ou nous ferons parler nos armes"....
Quant au reste du pays, bien peu d'informations nous parviennent mais elles sont atterantes. La répression est générale, les arrestations massives et les meurtres quotidiens.
Pour toute information complémentaire sur les événements des 6-7 et 8 juin, je vous suggère de consulter les archives de la BBC en cliquant sur les liens suivants et notamment les témoignages de témoins oculaires :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4074080.stm
http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4613741.stm
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J'ai quitté l'Ethiopie le 24 mars et plutôt en vitesse... sous la pression intense du gouvernement, largement épaulé par une ambassade que je ne nomme toujours pas mais qui ne perd rien pour attendre ;-), pas la française évidemment.
Les visiteurs peuvent me joindre à l'adresse : addisferenji@hotmail.fr
et continuer à signer notre pétition en français (petition : see English translation)
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