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A lire pour suivre

Juillet 2005 : répression dans les campagnes

Juin 2005 : répression massive

Les Droits de l'Homme en Ethiopie

La liberté de la presse

Les fraudes électorales

Un reportage sur les lieux des tueries du 8 juin

Mes portraits de dissidents

Ils ont "lié" et fait suivre :

Amnesty Belgique

Sylvain Mandin

Re-so.net

Le blog de re-so

Ils ont répondu et nous lisent :

Reporters Sans Frontières France

RSF Afrique

Ethiopian Human Rights Council Support Support Group - Pays-Bas &

Association of Ethiopian Civic Movements  Contact: justiceforethiopians@yahoo.com

Ils s'en tapent !!!   :

Les forums de "Libé"

Jack Lang

DSK (sniff !)

Bernard Kouchner (re-sniff !)

Mais oui je  continuerai à voter à gauche ;-)

Son Excellence M. Stéphane Gompertz, ambassadeur de France à Addis et tous ses confrères

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Le blog d'une EX-expat ou la chronique déplaisante d'une dictature ordinaire.

 L'Ethiopie se débat toujours dans une tourmente post-électorale et l'EPRDF, parti au pouvoir, a annoncé sa victoire aux élections de mai 2005, victoire acquise par l'intimidation, le meurtre et la fraude.

Vous trouverez ici un rappel des événements, quelques infos sur la situation des Droits de l'Homme, la répression, la violence d'Etat, les assassinats de Mercato et les exactions d'un régime soutenu, dans l'indifférence générale, par les pays riches qui malgré, quelques vertueuses indignations de façade, préfèrent la stabilité politique à une démocratie bouillonnante.

Je vous suggère de consulter, avant de parcourir  les billets d'humeur au jour le jour, les catégories chronologie des événements et Ethiopie, quelques faits  et surtout mes portraits de dissidents, histoire de vous briefer sur la répression sanglante, les droits de l'Homme, la liberté de la presse, l'indépendance du National Electoral Board et les fraudes électorales.

 Une pétition en Français ! Un site-miroir chez Sylvain ! Un Addis Ferengi Ethioblog ! chez Nazret.com Dear Ethiopian readers, your visits make us happy and proud. Do not hesitate to leave a message.

Votez pour moi... enfin.... pour EUX !

Blog sélectionné dans Best of Blogs par Reporters sans Frontières récompensé par le Prix des internautes

Mercredi 14 décembre 2005

Si vous aimez l'Ethiopie et même si vous ne l'aimez pas, que vous lisiez l'anglais ou pas... signez-moi çà !  HR4423 Secures the Legitimacy of US Stand in East Africa and the Middle East. La pétition n'aura aucun mal à atteindre son objectif de 5000 signatures, remarquez... mais chaque voix compte. Alors, cliquez MAINTENANT ! Il s'agit de convaincre le congrès américain de finalement FAIRE  quelque chose au lieu de continuer bêtement à soutenir un dictateur sanguinaire et le génocide en cours.

Un de mes amis à Jimma confirme que 32 personnes sont gravement blessées suite aux affrontement survenus entre étudiants oromo et tigréens à l'Université de Jimma. Pas de morts officiellement reportées mais... officiellement seulement. Les agents du "ruling party" ont, le 7 décembre dernier, en soirée, tiré sur des protestataires armés de pierres ou de bâtons... comme d'hab... Le campus est fermé... bien évidemment.

Un étudiant addissois de troisième année rapporte les faits suivants : ses camarades tout juste arrivés de leur campagne -  l'université a ouvert lundi - sont photographiés par les forces de sécurité et sommés de signer un formulaire les engageant à ne pas de mêler de politique. Leurs potes de première année, eux, ne sont toujours pas conviés à prendre part aux réjouissances...  ce qui n'empêche pas les partisans de Meles Zenawi de clamer qu'ici, la révolution a échoué et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

J'ai bien sûr souhaité me faire confirmer l'info par d'autres sources. Las, le jeune homme affirme que le Campus est si infecté de "nouvelles têtes" qu'y parler librement est une utopie.

Ato Hailu Shawel, le président de la CUD, principal parti d'oppostion, prisonnier de consience, a été hospitalisé lundi. Il est diabétique et sa santé est précaire. Cette information m'a été confirmée au téléphone par un des rares membres du comité central encore en liberté et/ou en activité. Ato Hailu et ses co-accusés (d'avoir voulu préparer un insurrection armée... re- ) devraient apparaître devant le tribunal vendredi prochain. Des rumeurs optimistes affirment qu'ils seront libérés sous caution.

Il vaudrait mieux ! La prochaine fois, à Addis, les gens ne seront pas armés de pierre... c'est moi qui vous le dit. Freedom Fighter ...

Enfin et pour conclure, je vous renvoie à mon dernier coup de gueule en Ethio Blog, je n'aurai pas le courage de traduire les insanités dont nous abreuve (moi et mes amis) un personnage particulièrement répugnant... dont certains de mes lecteurs affirment qu'il est le Premier Ministre en personne... mais voilà, pour info... cliquez sur le lien.

@+

Addis Ferengi

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Lundi 12 décembre 2005
Il devient extrêmement difficile de poster des nouvelles quotidiennes dans la mesure où la presse indépendante n'est plus qu'un souvenir et qu'il faut faire la part, à chaque instant, des rumeurs, de la désinformation d'Etat dans les quelques bribes de vérité qui nous parviennent.

De nouveaux affrontements entre la police fédérale et la population, notamment étudiante,  ont vraisemblablement eu lieu récemment, notamment dans les villes de Ambo, Jimma, Ginshe, Jeldu, Nekemt. Ethiopian Review, généralement bien informé, a même fait état de combat armé en Oromia aux alentours de Ambo.

On ignore bien évidemment le nombre de victimes, blessés ou morts... Ce n'est pas un sujet sur lequel le gouvernement, qui a organisé le black-out total des médias, communique volontiers. Cependant, sachez-le, ici, en cas de contestation, même pacifique, on ne lacrymogène pas... on tire à vue...

L'Ethiopian Human Rights Council a publié le 6 décembre dernier un maigre bilan des exactions, assassinats, passages à tabac, arrestations arbitraires etc. EHRCO ne publie jamais que les informations communiquées par des personnes ayant accepté de décliner leur identitié, une toute petite minorité dans le climat de terreur actuel, mais cela vous peut donner une idée.

Les leaders de la CUD ont été transtérés à la prison de Kaliti, dans la périphérie de Addis. Kaliti est un endroit répugnant, des bouts de tôles ondulées, des baraques bondées, des sanitaires insuffisants. Ils vont entamer demain, si mes informations sont exactes - et mes sources sont sures - leur treizième jour de grève de la faim. Contrairement à une information diffusée sur internet, ils accepteraient encore des liquides, à l'exception du Professeur Mesfin Wolde Mariam, 75 ans, que l'on dit très faible. Il ne serait plus en mesure de parler et s'exprimerait par gestes.

Les députés de l'opposition qui s'obstinent encore à ne pas siéger au parlement se cachent, essentiellement  à Addis mais ont peu d'argent pour survivre. Le pouvoir affirme que plus de la moitié a craqué et cédé au harcèlement et menaces des forces de sécurité. Comment les en blâmer ? Des 60 membres du comité central de la CUD, moins de 10 sont encore en activité. Les autres sont emprisonnés, en fuite ou ont trahi. Bien peu ont trahi d'ailleurs, 5 ou 6.

Sources: toujours les miennes... Un des 60.

Si la police fédérale patrouille toujours, elle se fait plus discrète. Comme les hyènes, les assassins accomplissent leur sale besogne de nuit.

Des rumeurs répétées et cohérentes font état à Addis et dans d'autres villes d'une recrudescence de cadavres, souvent défigurés, retrouvés dans des endroits déserts. S'il est impossible de savoir si ces malheureux sont les victimes des forces de sécurité ou leurs alliés, il est raisonnable de penser qu'un certain nombre sont des cadres ou supporters du "ruling party" assassinés à titre de rétribution. Il semble que les Tigréens - ethnie dominante - soient des cibles privilégiés. Plusieurs éthiopiens "ordinaires" m'ont du reste assuré que des listes de noms, établies par les citadins, circulaient et désignaient à la vindicte populaire les partisans de Meles Zenawi.

Un soir, d'ailleurs, il y a quelques jours, des policiers pourtant armés, apparemment sur le chemin du retour, faisaient du stop, à proximité de mon lieu de résidence,  plutôt désert à la tombée de la nuit... ils ne semblaient pas rassurés.

Les ambassades ont peaufiné leurs plans d'évacuation.

Bien que l'information soit officieuse, je pense pouvoir affirmer sans trop de risques que les premières sanctions vont tomber très bientôt.... Il serait temps.

La normalité apparente a cessé de les abuser, apparemment. La situation est d'autant plus explosive que l'université de Addis a réouverte aujourd'hui, bien qu'elle n'accueille pas encore les étudiants de première année. Je vais tâcher, demain,  d'aller humer l'air du campus.

Il est toujours aussi dangereux de prendre des clichés, même mauvais. Alors pour illustrer cet article, je souhaite vous faire partager l'oeuvre (détail) d'un jeune artiste éthiopien.

A. n'a pas dix-sept ans et vit en Oromia rurale. Je lui achète souvent ses créations et ai promis de lui payer ses études d'Art s'il continuait à travailler sérieusement, ce qu'il fait. Vous ne pouvez juger de son talent sur ce simple extrait, le jeune homme est capable de reproduire et d'interpréter tous les styles, de l'iconographie traditionnelle aux oeuvres des maîtres européeens. Ces peintures sont en général colorées mais son inspiration du moment est plutôt sombre. Les artistes sont souvent des visionnaires.

Addis Ferengi
Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Jeudi 8 décembre 2005
… parce que ce ne sont pas les nains de jardin qui l’entourent qui le lui diront. Voir post Des obligations sociales m’ont éloignée du blog.

Si j’ai tenu à rencontrer Ato G (1) , c’est que je savais qu’il avait voyagé récemment en Oromia. Il m’a donc fait part des faits observés et rapporté les propos de ses interlocuteurs. Notre conversation néanmoins ne s’est pas arrêtée là, elle est vite devenue plus personnelle, plus politique aussi. Un autre Ferenj (2) y a participé, appelons-le Mr A.
 
Nth: Alors vous en pensez quoi ? Le combat armé a commencé en Oromia ?
Ato G: Vous savez la plupart des Ethiopiens sont tellement pauvres, ils pensent à leur survie immédiate, manger, gagner quelques Birr. (3) Même à Addis, au bout de deux jours de grève, ils ne peuvent plus nourrir leur famille. Il y a indéniablement des groupes armés mais je doute qu’ils soient Oromo, plutôt d’autres nationalités et notamment les Amhara qui on été...
Nth : … déportés ?
Mr A : Non, déplacés, pas déportés !
Nth : Si déportés ! et tu le sais très bien.

Nth: Et les Ferenj ? Pensez-vous qu’ils soient menacés désormais ? Mon mari est souvent sur le terrain, je commence à m’inquiéter. Est-ce qu’ils pourraient aussi être attaqués puisque la plupart des Ethiopiens estiment que les « donneurs » sont responsables, pour avoir soutenu Meles Zenawi, du carnage et de la répression ?
Ato G: Eh bien, si j’en crois ce que j’entends, il y a un risque, oui je pense que c’est dangereux pour eux aussi désormais. Je vous ai dit que les paysans commençaient à demander à quoi correspondaient nos plaques d’immatriculation, si nos véhicules étaient ou non des véhicules gouvernementaux.
Nth: Vous savez quoi ? Je les comprends. Je veux dire… ils sont désespérés, le terrorisme est une option après tout… D’ailleurs, pour être franchement cynique, s’ils en tuaient deux ou trois, les « donneurs » commenceraient sans doute à comprendre l’ampleur de la colère et de la révolte ici.
Ato G: C’est la prochaine étape. Si l’ambassade des Etats-Unis, qui a si bien fait pression sur l’opposition pour qu’elle accepte de siéger au parlement… si l’ambassade des Etats-Unis continue à dire que l’Ethiopie est calme, il va falloir qu’on leur montre.
Mr A (subitement concerné): Il va falloir que quoi ?
Nth (ironique): Il va falloir qu’ils vous montrent…
Ato G: Vous savez, moi je crois que çà ne va pas tarder. Les gens ne vont plus écouter ceux qui les appellent à mener un combat pacifique ou lancent des mots d’ordre de grève. Ils feront désormais confiance à ceux qui leur diront : « Prenez les armes, tuez aussi, faites comme eux… »  
Nth (de plus en plus cynique): Remarquez, on a vu les résultats du combat pacifique.

Mr A à Ato G: De quelle région êtes-vous originaire?
Ato G: Je suis Guraghe (4)
Mr A (qui a quelques notions de vocabulaire insultant local): Guraghe ? Vous êtes Neftagna (5) ?

Les deux « Neftagnas » présents ne peuvent s’empêcher de rire.

Ato G: Vous savez, en zone Guraghe, le jour des élections, les gens sont restés debout toute la nuit pour suivre le comptage des voix.
Nth: Alors ils n’ont pas pu tricher ?
Ato G : Non parce que les gens sont restés jusqu’à la fin, jusqu’à l’affichage des résultats. En ce moment, l’EPRDF envoie son armée brûler les fermes et même les champs la nuit, toutes les nuits. Je ne sais pas ce qu’ils mangeront dans les 5 prochaines années.

Le visage de Ato G reflète une tristesse infinie et haineuse.

Nth: Ils brûlent leurs fermes?
Ato G: Chaque nuit!

Nth (écoeurée): Je ne comprends vraiment pas les « donneurs », commentont-ils pu participer à la «Great Ethiopian Run» ? Pourquoi n’agissent-ils pas ? Maintenant ! Pourquoi ?
Mr A: Mais ils  ont réagi ! Ils ont écrit au ministre de la Coopération et du Développement en menaçant de geler l’aide budgétaire.
Nth (amère): Elle était très polie leur lettre.
Mr A: Non, elle n’était pas polie.
Nth (moqueuse): Ils supplient Son Excellence de bien vouloir leur accorder un entretien pour parler Droits de l’Homme et Démocratie !

Ato G: Ecoutez, laissez-moi vous dire un truc. Le gouvernement dépense aujourd’hui plus de 100 millions de Birr par jour pour entretenir son armée et la répression. Avec les tensions à la frontière érythréenne, c’est même en augmentation.
Nth: Vous avez raison, bien sûr, sans « budget support »(6), ils ne pourront pas tenir bien longtemps à ce rythme.
Ato G: En tout cas, les gens ne vont plus écouter la CUD et ses appels à une résistance pacifique. Ils disent que le seul moyen de les arrêter est de se conduire comme eux.

Mr. A: Mais ils sont toujours forts !
Ato G (souriant) : Forts ? Où çà ? A la télé seulement.
Mr A: Mais ils sont toujours dangereux !
Ato G : Non ! Où çà ? Comment ? Bien sûr ils ont toujours leurs armes et leur propagande. Si vous regardez Ethiopian Television (7) vous avez l’impression que Dedesa (8) est un camp de vancances, un clip pour  Bishangari (9), un endroit merveilleux où les prisonniers sont correctement nourris et soignés.

Ato G. plaisante maintenant et j’apprécie toujours vivement l’humour désespéré de mes amis éthiopiens.

Ato G: Je vous assure qu' à voir les images, Dedesa est un nouveau Bishangari  et les gens sont positivement ravis d’être parqués dans un si beau paysage où ils passent de si formidables vacances. On les paie 300 Birr chacun pour mentir (10).

Nth: J’ai entendu des choses épouvantables sur Dedesa mais par des sources indirectes. Vous avez des infos sur ce qui s'y passe?
Ato G: Oui, un de mes frères y a été detenu pendant quinze jours.
Nth: Vraiment ? Que vous a-t-il dit ?
Ato G: Eh bien, mon frère est un ancien militaire, pas très bavard mais …
 
A cet instant, le petit dictaphone que j’utilise pour mes interviews – désolée, je ne suis pas une professionnelle – a affiché «memory full». Je vais donc reproduire ici les faits dont je me souviens avec précision. Je n’en ai pas fini avec Dedesa en tout cas et je recherche d’autres témoignages... prudemment...

D’après Ato G. :

Dedesa est un camp de concentration exposé au paludisme où les prisonniers ne sont nourris que d’un pain par jour, grand maximum. Le frère d’Ato G n’a d’ailleurs rien mangé les deux premiers jours de sa détention. Il n’y a pas de sanitaires ni d’eau potable et les détenus puisent et utilisent l’eau de la rivière proche, infestée de crocodiles.

Dedesa est entourée de palissades et a deux entrées gardées par des hommes lourdement armés mais une partie du camp n’est pas clôturée. Les prisonniers politiques pourraient donc fuir… s’ils avaient des chaussures – elles leur sont confisquées dès leur transfert dans des camions à bestiaux -  et si la zone n’était pas infestée d’animaux sauvages et notamment de crocodiles mangeurs d’homme et de serpents venimeux.

D’après le frère de Ato G., pendant son séjour, deux hommes au moins ont été jetés en pâture aux reptiles. Le premier avait refusé de laver les effets personnels de ses gardiens dans la rivière et les y avait balancés rageusement, le second a été sommé de les récupérer. L'histoire ne dit pas si le militaire a encore sa chemise...

On raconte bien d’autres choses sur Dedesa... Je vous suggère de consulter  Ethiopia 's agony et la vidéo de Channel 4 ainsi que cet article en date du dimanche 4 décembre du Blog Media Ethiopia. D'après le second texte, 115000 personnes - au vu de ma courte expérience, le chiffre est sous-évalué- dont des adolescents d’à peine quatorze ans sont incarcérés, ils tomberaient par centaines, de faim, de maladie ou des suites des passages à tabac et tortures qu’ils subissent constamment. La transmission du VIH y serait chose fréquente puisque les lames de rasoir distribuées sont communes à deux ou plusieurs hommes.

Au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, ici, le pire est toujours certain, ces camps sont des camps de la mort et la répression, un génocide.

En hébreu, çà porte un nom : Shoah.

Et Merde aux nains de jardin !


Addis Ferengi


(1)    Ato: Monsieur G. est et demeurera anonyme pour des raisons évidentes de sécurité.
(2)    Ferenj, ferenji, ferendju, farenj, ferengi etc… Etranger
(3)    Birr : monnaie locale
(4)    Zone Guraghe : sud-ouest du pays
(5)    Neftagna : L’insulte la plus à la mode du moment. A l’origine, l’expression signifie homme armé et est généralement appliquée aux Amhara, ethnie dominante du temps de Negus. Les cadres du parti au pouvoir, l’EPRDF, l’appliquent désormais, avec une ironie cruelle dont ils sont trop bêtes pour avoir conscience, à tous les opposants politiques, moi comprise… et j’assume.
(6)    Budget support : la grande mode ces dernières années, plutôt que de créer et maintenir de coûteux mais utiles projets de développement, nos gouvernements ont préféré distribuer des chèques en blanc au dictateur. Lui et ses amis se sont considérablement enrichis, l’Ethiopie peut se payer les gadgets les plus sophistiqués en matière d’armement et les pauvres crèvent toujours la faim… comme il se doit.
(7)    ETV : une seule chaîne de propagande gouvernementale. Plus personne ne la regarde ou presque, pas plus qu’on écoute la radio ou qu’on lit les journaux.
(8)    Dedesa : l’un des camps de la mort où sont entassés les prisonniers politiques, jusqu’à 46000 personnes ! Source Channel 4.
(9)    Bishangari : Une Eco-lodge chic et chère sur les bords du lac Langano. J’ai fait le lien et vous la recommanderais volontiers… si ce n’était pas indécent.
(10)    300 Birr : moins de 30€ mais un mois de salaire pour « privilégiés ».

Par Nth - Publié dans : Portraits
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Mardi 6 décembre 2005
… parce que personne d’autre ne le lui dira. Lire le post : Des obligations sociales m’ont éloignée du blog.

Ato G. K ou W, comme vous voulez, est un entrepreneur éthiopien. Il a fait beaucoup de terrain au cours du mois de Novembre pour suivre un contrat important en Oromia rurale, dans les départements de Arsi et de Bale.

J’ai souhaité le rencontrer et il a accepté de me parler de ce qu’il avait observé ou entendu à cette occasion. Je l’en remercie vivement. Quiconque accepte ce type d’entretien en ce moment fait preuve d’un grand courage. Notre conversation a été longue, riche, amicale. Je l’ai enregistrée en partie. Pas de photo bien sûr…

Ses premiers mots furent pour dénoncer les agissements quotidiens des gangsters en civil, les « forces de sécurité » à Addis-Abeba.

Ato G: Vous savez ce qu’ils font ? C’est tout juste si les Addissois osent marcher dans la rue maintenant. Si vous avez sur vous une belle montre, une chaîne en or, des bijoux, de l’argent ou un téléphone portable à la mode. Ils vous attrapent, vous poussent dans leur voiture, vous frappent et volent ce qui leur plaît. Parfois, ils emmènent leurs victimes à la station de police la plus proche et les abreuvent de menaces avant de les relâcher.
Nth: Que pouvez-vous me raconter de la situation politique dans les woredas (1) que vous avez traversées ?

Ato G: A Guibri, - Djibri ? -  la veille de notre arrivée, une voiture du gouvernement a été attaquée. Quatre « officiels » ont été tués et leur chauffeur blessé. Les gens commencent à nous demander ce que signifient nos plaques d’immatriculation, y compris celles des 4X4 de la Coopération (2).

Nth: Vous pensez que la guérilla a déjà commencé ici ou que ce genre d’incidents demeure marginal?
 
Ato G: Je ne sais pas mais la colère enfle au sein de la population, même rurale. Ils ne croient plus au développement, ils sont très déçus et ne constatent pas d’amélioration significative.

Nth: Des collaborateurs de mon mari lui ont rapporté qu’on ne trouvait plus d’interlocuteurs du gouvernement dans les campagnes, qu’ils avaient tous fui, que les paysans les avaient menacés et faits déguerpir. Vous confirmez ?
 
Ato G: Oh oui, il n’y a plus personne. Ils sont tous à Addis et ont rejoint le parlement.
Nth (étonnée): Mais les élections locales n’ont pas eu lieu. Elles sont prévues en Avril. Comment peuvent-ils siéger au parlement s’ils ne sont pas élus (3)?
Ato G: Ils ne sont pas élus mais nommés (sic!)

Nth: Et vos autres voyages ?
Ato G: Nous avons noté partout une forte présence de l’armée. Ils fouillent les maisons à la recherche d’armes. Ils tabassent et arrêtent tous ceux qu’ils soupçonnent de soutenir l’opposition. Ils les chargent dans leurs camions et pick-ups et les emprisonnent.
Nth: Dans les villes?
Ato G: Non, pas seulement dans les villes. Partout.
Nth: Depuis quand ?
Ato G: Depuis début Novembre.

Nth: Et Kofele ? Vous êtes passé à Kofele non ?
Ato G: Oui le lendemain du massacre, le lundi 21 Novembre. C’était effrayant parce qu’il n’y avait pas un résident dans les rues, seulement des militaires.
Nth: Nous avons entendu parler de 5 ou 8 morts, c’est exact ?
Ato G: Le jour de notre passage, on m’a dit 32, c’est sans doute davantage.
Nth: Qu’est-ce qui a provoqué les affrontements ?
Ato G: La police de la woreda fouillait les maisons, tabassait, arrêtait. La population s’est rebellée.

Nth: Que savez-vous d’Aseko ou de Kore (4) ?
Ato G: Je n’y suis pas passé, les mêmes rumeurs que vous j’imagine… J’ai entendu dire qu’à Aseko, on avait brûlé la maison du responsable local. Vous savez la population d’Asseko n’est pas Oromo (5). Ce sont des gens malins et plutôt agressifs, prêts à prendre les armes.
Nth: A nous, on a dit (Source Unicef) que huit maisons de cadres du parti avaient brûlé. Vous avez observé d’autres trucs ?

Ato G: A Berberie, je sais que la police a effectué des fouilles pour confisquer les armes et les Kalashnikov. Ils sont parvenus à en saisir 150, un dixième de leurs propres estimations.
Nth: C’est flippant non ?
Ato G: Oui… et à Robe, début Novembre, il y a eu des protestations étudiantes. En fait le gouvernement a fermé la High School le lendemain des premiers massacres à Addis. Lorsqu’ils l’ont ré-ouverte, quatre jours plus tard, les étudiants Oromo ont hurlé quelques slogans et exprimé leur colère.
Nth: Que pensez-vous que ces jeunes gens réclament ? L’indépendance de la région, une autonomie relative ?
Ato G: Je pense qu’ils réclament simplement des leaders à eux, pas les marionnettes de l’OPDO. (6)

(…)

Ato G: Le 17 Novembre des incidents similaires se sont produits à Nazareth. C’était très étrange. La ville et sa rue principale semblaient parfaitement normales mais le quartier de la High School était, lui, complètement désert. La police fédérale et quatre tanks ont encerclé l’école et ils ont, comme d’habitude chargé les protestataires dans leurs camions, pour les parquer dans leurs camps… Nous avons entendu beaucoup de sirènes d’ambulances.
Nth: Donc, ils ont tiré et tué, une fois de plus.
Ato G: Je ne sais pas mais nous avons entendu pas mal d’ambulances, beaucoup plus que d’habitude. Par contre je sais qu’ils ont descendu un commerçant et arrêté quatre hommes devant sa boutique, simplement parce qu’ils écoutaient Deutsche-Welle (7).

Notre conversation ne s’est pas arrêtée là, la dernière heure a même été encore plus instructive.



A suivre…

Addis Ferengi

(1)    Woreda : Division administrative de taille variable un quartier dans les grandes villes, un ensemble de villages en zone rurale
(2)    Plaques d’immatriculation : En Ethiopie, elles révèlent votre nationalité et votre activité, le numéro 4 par exemple signale une voiture gouvernementale. Cela en fait des cibles faciles.
(3)    Je n’ai rien compris mais le fait est là, ils ont quitté leur poste et se sont réfugiés à Addis.
(4)    Asseko et Kore : Deux villes dans lesquelles on nous a rapporté des troubles. A Asseko, les paysans ont brûlé les maisons des administrateurs, nous savons que la police fédérale est intervenue mais puisqu’il n’y a pas de médias indépendants et que la woreda est très enclavée, nous ignorons le nombre de vicitimes. Kore, même problème mais là on a nous a confirmé des morts et beaucoup de maisons brûlées. La politique de l’administration de la région consiste apparemment à susciter des troubles ethniques entre Oromos et non-Oromos. Une fois de plus, je vous le rappelle, nous n’avons aucune idée de ce qui se passe actuellement dans ce pays. Nous pouvons simplement déduire que les massacres ont atteint la proportion d’un génocide depuis un moment.
(5)    Oromo : la population d’Oromia est traditionnellement considérée comme pacifique. En fait, elle a payé un si lourd tribut à la répression sous le régime de Meles Zenawi et est si bien contrôlée qu’elle semble pacifique. Lire à ce sujet mon interview du Professeur Merera Gudina. D’autres nationalités et notamment les amharas sont, eux, nettement plus agressifs.
(6)    L’OPDO : le parti Oromo officiel, en fait, une marionnette de l’EPRDF, parti au pouvoir.
(7)    Deutsche-Welle: Radio allemande internationale émettant en amharic.
Par Nth - Publié dans : Portraits
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Mardi 6 décembre 2005
Deux des quatre journalistes à qui j’ai consacré un portrait sur ce blog sont aujourd’hui emprisonnés… pour avoir fait leur boulot.

Ce sont des mecs biens.

Je suis en passe de devenir la seule source interne d’information non-contrôlée et non-censurée en Ethiopie. Bien sûr, je reçois bien des avertissements et menaces sur mon Ethio-blog et pas forcément émises par des « quidam ». Ils n’ont toujours pas osé s’attaquer ouvertement à une Ferenj et exercent des pressions indirectes... mais çà pourrait venir.

Vous pouvez lire les portraits de:

Ato Girmayene  Mamo, journaliste à Eth'op, aujourd'hui emprisonnés Ato Girmayene Mamo

  Ato Atenafu Alemyehu, journaliste à Tobia, aujourd'hui emprisonné Ato Atenafu Alemayehu

Si vous aimez ce blog, votez pour lui au Weborama et faites en circuler l’adresse. Il y a urgence et il y va aussi de ma sécurité. Merci.

Addis Ferengi
Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Lundi 5 décembre 2005
Figurez-vous que j'ai reçu un ambassadeur... non, non pas le français mais pas loin.

Je reprends donc ma chronique interrompue.

J'ai bien tenté de profiter de la présence de Son Excellence dans mon humble demeure pour faire un peu de lobbying, vous pensez. Le pauvre homme est entouré de trolls qui paniquent à peine sortis de leurs villas d'Addis-Abeba et ne savent même pas dire "merci" en amharic.

Las, sachez-le, il est apparemment extrêmement mal-élevé de prononcer des incongruïtés comme "Droits de l'Homme" en présence de Son Excellence... Les trolls et autres nains de jardin veillent.

C'est d'autant plus stupide qu'un document diffusé sur Channel 4 dévoile une partie des atrocités commises récemment dans le camp militaire de Dedesa. Un ex-détenu y affirme qu'il s'y trouvait avec 46000 compagnons d'infortune et a constaté à lui seul trente décès. L'armée subtilise les cadavres selon le vieux principe : "pas vu, pas pris".

Bref, le Rwanda n'aura rien enseigné à personne et surtout pas à dénoncer des génocides.

Tant pis si je demeure une pestiférée des ambassades... je continue.

La communauté internationale à Addis-Abeba

Addis Ferengi
Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Jeudi 1 décembre 2005
Mon Ethioblog, en anglais, toujours aussi animé d'insultes et de témoignages d'affection, m'occupe d'autant plus qu'il n'est pas aisé d'écrire - à peu près correctement - dans une langue autre que la sienne.

J'en suis d'autant plus désolée que le nombre de mes visiteurs uniques  francophones mensuels frôle maintenant les 6000. Merci infiniment... Je vais donc me rattraper et traduire - vite - ma dernière interview.

Il devient difficile d'interroger les gens ici, dans le contexte de répression massive, maladive voire psychopathe... sans exposer mes interlocuteurs à de très sérieux risques d'arrestation mais le portrait de Ato G., courageux entrepreneur éthiopien, suit... Vous constaterez à sa lecture... que çà ne s'arrange pas...

D'ici là, quelques news, en vrac...

Les arrestations des responsables de l'opposition opposant l'"Ordre Nouveau" continuent. Je vous recommande Ethiopian Review pour le bilan des derniers jours.  D'après un de mes chers amis, rare rescapé... moins de dix personnes aujourd'hui représentent le Comité Central de la CUD, principal parti d'opposition. Les 50 autres sont en fuite, en prison, en grève de la faim ou ont trahi. Bien peu ont trahi d'ailleurs : 5 ou 6.

Nos leaders... et oui, j'écris nos leaders car j'ai définitivement et irrémédiablement épousé la cause Kinijit ... pour la simple bonne raison qu'elle est juste...

Non je paiera pas de droits sur l'image ! L'Associated Press fait un boulot de merde ici !


Nos leaders donc, et parmi les plus populaires - de droite à gauche -, Ato Hailu Shawel, Docteur Berhanu Naga, Woizero Birtukan Mideksa  et Professeur Mesfin Wolde Mariam sont toujours détenus au Central Investigation Office. La plupart sont en grève de la faim, les plus âgés, fragiles ou malades en ont été exemptés.

Bien que le gouvernement et ses outils de propagande se tuent à affirmer que leurs conditions de détention sont décentes... Ils ont visiblement tous perdu du poids, ne sont autorisés à l'air libre et aux toilettes que 25 minutes par jour, Birtukan et Berahnu sont toujours ce soir en grève de la faim.

Le tribunal de pacotille censé les accuser de Haute Trahison a encore repoussé aujourd'hui l'échéance de quinze jours mais précisé que les prévenus pouvaient demander, à nouveau, leur libération sous caution.

Source: les miennes

Nous verrons bien... Nous verrons d'autant mieux que les étudiants de l'université de Addis-Abeba ont commencé les procédures d'inscription hier,  avec plus de deux mois de retard... et que si leur héros ne sont pas relâchés vite fait, bien fait... croyez-moi, va y'avoir du sport. !!!! Ici, malgré le calme apparent, on se prépare au combat armé... En fait, il a déjà commencé.

Ah ! oublié un détail intéressant... sinon important... Savez-vous ce que l'ambassade des Etats-Unis a proposé aux rares membres de l'opposition qui n'ont pas boycotté la sauterie de la pôôôôôôôvre Vick Huddleston le 19 Novembre dernier ????? Elle leur a offert : l'asile politique ! rien que çà... Source: toujours les miennes, les vrai(e)s, les pur(e)s, les dur(e)s... Struggle goes on and US should go home

;-) !

A très bientôt

Addis Ferengi

PS: Si ma peau est de plus en plus blanche : pas d'entrain pour la piscine... mon coeur est désormais Abesha (black ou éthiopien)

Petit lexique

Ato : Monsieur
Woizero : Madame


Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Lundi 28 novembre 2005

 ... servent la communication des méchants Nazis...

Mais oui ! Ils ont récidivé hier... tous nos ambassadeurs ont couru la Ethiopian "great" run 2005, cliché 1. Le second... c'était l'année dernière...

La "grande" course éthiopienne 2005 La grande course éthiopienne 2004

Vous pouvez comparer : rien à voir !

Si la majorité des Addissois a boycotté l'événement annuel.... Si bien des participants étaient  des sportifs malgré eux - des fonctionnaires et militaires notamment -... Si le public était inexistant et que la police fédérale veillait au grain... des téméraires ont transformé l'événement sportif en manifestation de protestation.

C'était très intelligent... Face à tant de caméras et de médias internationaux, le régime sanguinaire ne pouvait se permettre les habituels passages à tabac ou coups de feu.

Notre AFP rapporte que 300 participants ont brandi à l'arrivée le V de la Victoire, symbole du principal parti d'opposition, la CUD. Ici, ce genre d'impertinence vous vaut la prison... Ils sont déterminés.... mes amis.... V for Victory, Vcitory for CUD, Victory for Kinijit.... SOON !

Mes propres sources, mieux informées... et surtout plus honnêtes... rapportent que c'est la grande majorité des coureurs qui a osé hurler bien des slogans tout au long du trajet.... Ils ont traité leurs dirigeants de voleurs et d'assassins, exigé la démission de Meles Zenawi, la libération des intellectuels arrêtés... leurs leaders... brocardé les traîtres et chahuté les Ferenj...

Pauvres Ferenj, toujours complices de  cette tentative malheureuse de désinformation gouvernentale : Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et l'Ethiopie est calme... pauvres Ferenj qui devront bientôt répondre de leur aveuglement et de leurs tentatives désespérées d'étouffer la vérité.... la vérité de la colère, la vérité de la répression, la vérité du génocide...

V for Victory.... certes mais surtout V pour vérité... une vérité qui éclatera bientôt...

 

Addis Ferengi

PS: Notre ambassadeur... le français... est arrivé premier dans sa catégorie... à sa place... je ne m'en vanterais pas...

PPS: Je suis moins régulière mais les circonstances sont plus difficles et je ne relâche pas mes efforts. Il devient très difficile de poster sur mon Ethio Blog... donw 12 heures sur 24 ces temps-ci mais je ne renonce pas. En fait j'ai même des scoops... vu que les journaleux... ici ne font pas leur boulot... Anthony Mitchell de l'Associated Press a même trouvé intelligent hier de faire son papier dominical sur les gentilles forces anti-terroristes américaines  qui ont sauvé d'un destin tragique de pauvres bébés léopards maltraités...

Sic ! et voici la source... Quant au Tony, il mérite une baffe... y'a des limites à la lâcheté, à la veulerie, à la connerie... à l'indifférence !

 


Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Vendredi 25 novembre 2005

... dans la ville où habite mon petit garçon, ce que je ne veux plus qu'il voit sur le chemin de l'école ou lorsqu''il rend visite à ses amis.

Aparté : Mon téléphone portable n'est pas dernier cri, les clichés sont donc très mauvais et il arrive que ma main tremble. Il est absolument impossible ici de brandir un appareil photo numérique digne de ce nom, les risques de se faire repérer par les innombrables espions du gouvernement sont trop grands.

Je ne veux plus voir :

Les policiers (casqués) anti-émeute en patrouille - Novembre 2005

Les imbéciles casqués de la police anti-émeute fouiller, intimider, arrêter, tabasser...

La "so-called" Federal police à Addis-Abeba Novembre 2005 Je ne veux plus voir la soi-disant "police fédérale", de pauvres militaires illetrés se balader impunément, au moins de ces hommes un sur trois est armé d'une kalashnikov, les autres de matraques métalliques : La "so-called" Federal police à Addis-Abeba Novembre 2005

Les bérêts rouges, lourdement armés, terrifier la population du haut de leurs pick-ups :

Les bêrets rouges lourdement armés sur leur pick-up - Novembre 2005

Tous ces mauvais clichés ont été pris en novembre.

@+

Addis Ferengi

 

 

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Mercredi 23 novembre 2005
On ne sait pas ce qui se passe vraiment dans ce pays.

La désinformation est sans doute la seule technique que l'EPRDF, parti au pouvoir, domine en maître, encore que les sites de propagande - les anglophones peuvent parcourir ENA, Walta ou Aigaforum (1) - s'essouflent dans des mensonges de moins en moins crédibles.

Chaque rumeur de troubles, de massacres ou de nouveaux combats qui nous parvient est systématiquement démentie par des contacts soi-disant bien informés, eux-mêmes manipulés par les forces de sécurité. L'obsession du pouvoir demeure, cacher, mentir, dissimuler. Je doute qu'ils le puissent encore bien longtemps..

Convois militaires attaqués, police fédérale obligée d'intervenir dans des woredas enclavées... La situation semble totalement hors de contrôle et les protestations embrasent aussi les zones rurales.

A Koffele, petite ville de la région de Bale - Oromia -, des affrontements entre armée et citoyens auraient fait huit morts, sans doute bien davantage si l'on en croit Ethio Media Forum. Hier à Asseko en Arsi, les paysans ont brûlé la maison de l'administrateur local et la police fédérale a été appelée en renfort. Une voiture des Nations-Unies a été avisée de renoncer à l'"excursion" prévue. Cela doit aller très mal. (Source : terrain)

On raconte aussi que des camions militaires brûlent, que des assassins sont assassinés - juste retour des choses -, que les jeunes gens prennent le maquis... et les armes.

Les sanctions économiques et la reformulation de l'Aide sont en route mais tard, bien trop tard...

Je tiens décidément les "donors", leur égoïsme et leur aveuglement pour responsables du génocide en cours, je n'en ai pas fini avec eux. Ce bain de sang était prévisible.

Enfin et bien que ce soit un rien indécent dans la marasme actuel, je dois vous remercier, chers lecteurs. Ce blog a remporté le prix du public (2522 votes ) du concours de la Deutsche Welle Best of Blogs.


Le prix du jury revient à à Manal and Alaa’s bit bucket.

Ne manquez pas de visiter les pages de mes remarquables concurrents.

@+

Addis Ferengi

(1) Lisez les comme des négatifs absolus et une tentative desespérée de démentir les faits les plus flagrants.
Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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J'ai quitté l'Ethiopie le 24 mars et plutôt en vitesse... sous la pression intense du gouvernement, largement épaulé par une ambassade que je ne nomme toujours pas mais qui ne perd rien pour attendre ;-), pas la française évidemment.

Les visiteurs peuvent me joindre à l'adresse  : addisferenji@hotmail.fr

et continuer à signer notre pétition en français (petition : see English translation)



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