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Juillet 2005 : répression dans les campagnes

Juin 2005 : répression massive

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Un reportage sur les lieux des tueries du 8 juin

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Son Excellence M. Stéphane Gompertz, ambassadeur de France à Addis et tous ses confrères

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Le blog d'une EX-expat ou la chronique déplaisante d'une dictature ordinaire.

 L'Ethiopie se débat toujours dans une tourmente post-électorale et l'EPRDF, parti au pouvoir, a annoncé sa victoire aux élections de mai 2005, victoire acquise par l'intimidation, le meurtre et la fraude.

Vous trouverez ici un rappel des événements, quelques infos sur la situation des Droits de l'Homme, la répression, la violence d'Etat, les assassinats de Mercato et les exactions d'un régime soutenu, dans l'indifférence générale, par les pays riches qui malgré, quelques vertueuses indignations de façade, préfèrent la stabilité politique à une démocratie bouillonnante.

Je vous suggère de consulter, avant de parcourir  les billets d'humeur au jour le jour, les catégories chronologie des événements et Ethiopie, quelques faits  et surtout mes portraits de dissidents, histoire de vous briefer sur la répression sanglante, les droits de l'Homme, la liberté de la presse, l'indépendance du National Electoral Board et les fraudes électorales.

 Une pétition en Français ! Un site-miroir chez Sylvain ! Un Addis Ferengi Ethioblog ! chez Nazret.com Dear Ethiopian readers, your visits make us happy and proud. Do not hesitate to leave a message.

Votez pour moi... enfin.... pour EUX !

Blog sélectionné dans Best of Blogs par Reporters sans Frontières récompensé par le Prix des internautes

Mercredi 1 mars 2006
Les lycéens qui avaient boycotté leurs cours les dernières semaines sont menacés d'expulsion immédiate. Ils reprennent donc le chemin du bahut de mauvaise grâce et les échaffourées, tabassages et arrestations reprennent un peu partout et pas seulement à Addis.

ETV, organe de propagande gouvernementale les filme arme en mains -ils n'ont pas d'armes bien sûr- affirmant que la CUD, principal parti d'opposition -la CUD n'existe plus, ses leaders sont en taule- les payent pour pour créer cette confusion.

Le procès des dirigeants de cette même opposition continue, enfin le simulacre de procès, la plupart des accusés ont simplement renoncé à se défendre et ce matin, la zone de Siddist Kilo grouille encore de militaires.

L'ambassade britannique a renforcé les mesures de sécurité depuis que les voitures de certains de ses ressortissants ont été la cible des lanceurs de pierre. Il est impossible de stationner ou de s'arrêter à proximité.

Quant à la police fédérale -de pauvres "pioupious" cyniquement rebaptisés- c'est officiel, elle pratique l'attaque à main armée. Ils peuvent interpeller et fouiller n'importe quel citoyen, lui ordonner de s'agenouiller et lui subtiliser argent, portable, bijoux... Les rumeurs de telles aggressions sont trop répandues pour n'être pas exactes et les résidents ne parlent que de çà...

Le marasme économique s'aggrave. Une inflation de 25 à 40% n'est pas rare sur des produits de base comme le sucre ou les céréales, l'essence devrait augmenter très bientôt. Personne n'investit. Même les journaux contrôlés par le parti au pouvoir -ils le sont tous- ne peuvent taire certaines réalités et titrent, parmi d'innombrables mensonges et "cocoricos":

“Le déficit de la balance commerciale atteint  25% du PIB, “Le prix du sucre monte en flèche”; “Le prix de la bière en augmentation”; “Boissons et soda: les pauvres ne peuvent plus se le permettre”, “Les entrepreneurs se plaignent du manque de devises étrangères” etc.

Seul le TPLF (1), parti au pouvoir, a encore les moyens de fêter son 31ème anniversaire au Sheraton: 1500 invités !  Rien que çà.

Le boycott des industries et commerces contrôlés par  ce dernier, ses cadres et alliés, continue. Les sodas MOHA, propriété du Sheick Al-Amoudin sont particulièrement visés. Un "ami d'ami" en a fait la cruelle expérience récemment alors qu'il commandait une Mirinda -les marques alternatives  ne sont pas aisément disponibles et souvent en rupture de stock-. Un consommateur du café l'a pris à partie et a renversé le contenu de la bouteille sur le sol. La victime, qui souffrait d'un mauvais rhume, ne s'est même pas fâchée.

Peu de nouvelles de la guérilla qui opère dans les campagnes mais une certitude, la saison des pluies ne va rien arranger.

Bref, rien ne va. L'humeur est à l'angoisse, la peur du lendemain et à un certain fatalisme. Nul ne voie d'issue heureuse à la crise en cours. A Addis -je parle des pauvres et des opprimés évidemment, pas des nantis- on n'espère plus qu'en une chose: les "combattants de la liberté". Tuez-en un et il s'en lèvera dix. Les plus jeunes balancent des pierres, les autres prennent le maquis.


Addis Ferengi


(1) TPLF, Front de Libération du Tigray, le parti officiel est l'EPRDF qui regroupe d'autres structures alliées par région. Nénamoins, le premier, représentant une minorité politique dans une minorité ethnique, les Tigréens (3% de la population) contrôle l'ensemble du pays et en abuse...

Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 24 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 34 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de quatre mois, est emprisonnée depuis 34 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Dimanche 26 février 2006
... et n'est pas prête de s'arrêter, reprenant dès la réouverture des écoles.

Les lycéens, bien qu'ils soient nombreux à boycotter les cours, semblent ne se rendre au bahut que pour affronter la police fédérale. Arrestations massives et tabassages féroces ont continué toute cette semaine.

Quant au gouvernement, bien loin de respecter les consignes de "Good governance" des pays donateurs, il continue à boucler tout ce qui bouge... et proteste.

Les tout-petits ne sont pas en reste... Les Elementary schools accueillent des mômes de 7 à 13 ou quatorze ans. Des témoins oculaires m'ont rapporté que le moindre uniforme les rendait enragés dans au moins quatre d'entre elles. Un ami m'a même  décrit une scène croustillante, vendredi vers 15h00, en face du "Jerusalem hotel".

Une horde de bambins hurleurs encerclant des fédéraux armés  mais terrifiés.

Je doute que les étrangers résidant ici en soient conscients. Ils vivent sur une autre planète et ce qui leur reste de cerveau est javellisé par la propagande gouvernentale. Ils s'imaginent que des les élus locaux vont finalement prendre en main l'administration de la ville de Addis-Abeba, que Meles exilera les opposants plutôt que de les condamner à mort et s'accrochent à des tas de scenarii invraisemblables. Un fort sentiment de culpabilité n'est sans doute pas étranger à ce déni massif.

La vérité est que fureur et désespoir ont atteint un point de non-retour, peu d'informations fiables me parviennent du combat armé mais il semble que la région amhara soit particulièrement agitée. Ici, c'est pourtant "business as usual"...

Tant pis, je continue mon ingrat boulot de Cassandre... bien que le ton monte. Je commence à partager la foi du charbonnier éthiopienne après des années d'agnostisme.

Je vous laisse sur cette citation du Mahatma Gandhi:

When I despair, I remember that all through history, the way of truth and love has always won. There have been tyrants and murderers and for a time they seem invincible, but in the end, they always fall, think of it, always.Mahatma Ghandi

"Lorsque que je désespère, je me souviens que tout au long de l'histoire, l'amour et la vérité ont fini par l'emporter. Il y a toujours eu des tyrans et meurtriers qui, pour un moment, ont semblé invincible mais pensez-y, il finissent toujours par tomber, toujours."

Cette citation est empruntée au site "Make Dictatorship History" (1) que je vous encourage à visiter, tout comme je vous prie de signer leur pétition, bilingue anglais ou pas.

Addis Ferengi


(1)
Je sais qu'ils me pardonneront ;-)


Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 21  jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 31 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de quatre mois, est emprisonnée depuis 31 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Jeudi 23 février 2006
Les "dangereux" terroristes accusés de génocide et de haute trahison, entendez les chefs de l'opposition légale et les vainqueurs des élections de mai dernier, sont convoqués au Tribunal ce matin.

En prévision, ils ont été parqués dans une pièce sans matelas ni couvertures à la prison de Kaliti, leur nouvelle résidence et les matons leur ont confisqué tous leurs vêtements noirs, qu'ils entendaient porter en signe de deuil. Bienvenue au pays de l'arbitraire !

En conséquence, les Fédéraux armés ont repris leur patrouille, la zone du Tribunal est fermée à toute circulation et la présence militaire y est massive.

J'ai assisté moi, à un autre simulacre de justice mardi dernier. Ayele, Berhanu et Frezer,  subissaient le même sort et je me tenais dehors dans la cour du Tribunal, auprès de leurs familles et amis. En effet, bien que la Constitution leur garantisse le droit à un jugement public, les auditions des quelques 20 accusés du jour se déroulaient à huit-clos et des gardes armés nous intimaient des ordres grossiers. Impossible d'approcher ou de communiquer avec ceux que nous étions venus soutenir... J'étais la seule à protester... comme vous pouvez l'imaginer et je les ai enquiquinés autant que faire se peut. Je suis parvenue à approcher Berhanu pour lui demander de quoi il était accusé: "d'avoir trimballé des papiers".... m'a-t-il assuré.

De fait, si sur le coup, la colère et le sentiment de révolte l'emportaient; au retour la tristesse dominait. C'est une chose que de savoir que le gouvernement éthiopien est le champion toutes catégories de l'emprisonnement et de la détention arbitraire, c'en est une autre que de se coltiner la réalité concrète. J'ai accusé le coup.

Mes trois amis, accusés de terrorrisme, - ont gagné le droit de revenir en Xième semaine. Prochain rendez-vous, le 7 mars et çà peut durer des années.

Frezer est une adorable petite bonne femme au sourire radieux. On dirait une ado, presqu'une enfant. Elle semblait heureuse des petites choses que je lui ai fait parvenir, je sens que nous allons bien nous entendre... si nous nous parlons jamais. Elle est toujours enceinte, Dieu merci malgré les méthodes brutales de la Police Fédérale, ils l'ont frappée au visage et tordu le bras au risque de le lui casser. C'était un déchirement que de la voir saluer son mari par la fenêtre du bus qui la ramenait à la prison. Ce dernier m'a raconté que leur domicile avait été fouillé et qu'ils avaient tout emporté, ordinateur -écran compris-, paperasses, CDs. "Ils n'y trouveront rien bien sûr !" m'a-t-il affirmé "mais je suis étudiant, comment voulez-vous que je bosse maintenant?". La maman de Frezer est une femme digne, vêtue du costume blanc traditionnel, au regard triste et résigné.

La fille de Berhanu doit avoir 15 ou 16 ans. Elle a de grands yeux naïfs et une expression tendre, le genre de fille qu'on ressent le besoin de protéger et consoler. Elle m'a confirmé que son père n'était plus tenu au secret et qu'elle avait pu lui rendre visite enfin, samedi dernier.





J'ai battu le pavé de la cour poussiéreuse, en compagnie des potes d'Ayele, il est parvenu à nous sourire tout le temps mais je commence à bien le connaître. Ce n'était pas très convaincant.





Je me sens impuissante  à vous transmettre l'indicible douleur et tristesse d'un peuple opprimé mais je ne serai plus jamais la même désormais. J'ai quitté l'abstraction de mots creux pour le vrai "Abesha world" et la pure Injustice. Un membre du personnel d'EHRCO, Ethiopian Human Rights Counsil, m'a confirmé que les arrestations des membres de l'opposition continuaient, au moins 15 lundi.

Quand ils arrivent en ville... les gens changent de trottoir

Les loups sont toujours à Addis... qu'ils patrouillent de nuit. Lundi soir vers 10h00, aux alentours de Gerdji, un malheureux taxi a renversé un Fédéral. Oh, il ne l'a pas fait exprès, croyez-moi, chacun sait ici que c'est suicidaire.  Les psychopathes ont ouvert le feu contre le protestataire Kinijit. Tous les résidents de la zone vous jureront que c'est vrai. Mon témoin a entendu 7 ou 8 coups de feu. On ne sait rien du sort du malheureux taxi mais... 7 ou 8 balles....

Les "donneurs" haussent le ton...

et imposent le respect de la "good governance" en échange du support budgétaire. C'est un peu tard mais leurs exigences sont inacceptables pour un gouvernement dont cela signerait la mort. Les calés en Anglais peuvent consulter le post d'aujourd'hui en Ethioblog, un peu technique. Une lueur d'espoir pour un peuple à bout de souffle mais une lueur bien tardive.

Les psychos aussi...

La haine, la diffamation, l'atteinte à la vie privée, le harassement moral, les menaces et insultes ont atteint des sommets inégalés en Ethioblog. Ils sont fous de rage et j'ai franchi la ligne rouge mais je maintiendrai ces pages aussi longtemps qu'il faudra... y compris de l'étranger, j'ai constitué un sacré petit réseau mine de rien ;-) 8 mois déjà... un record !

Last minute

Des lycéens ont encore été tabassés, torturés et arrêtés à Ayer Tena hier et on me signale des troubles en région amhara, les paysans se révolteraient... Je vais investiguer bien sûr.

A très bientôt

Addis Ferengi

PS:
Ooops... j'allais oublier, une grande majorité de lycéens boycottent leurs cours ! Je ne sais pas comment réagira le gouvernement mais ce sera sûrement dégoûtant.


Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 18 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 28 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de quatre mois, est emprisonnée depuis 28 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:


Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Lundi 20 février 2006
 et je néglige aussi d'autres amis et d'autres combats... mais les événements s'enchaînent, ce petit blog et surtout son frangin en anglais connaissent un succès qui dépasse largement mes attentes et je ne pensais vraiment pas en commençant m'embarquer dans une telle aventure.

Une fois dans la galère, il faut ramer et c'est un boulot à plein temps. Je poste en priorité sur le site Nazret.com dont le public se compose en majorité d'Ethiopiens, plus avides de nouvelles fraîches.

Voici en vrac, les toutes dernières:

Mes amis sont toujours en prison mais j'ai reçu quelques nouvelles encourageantes concernant Berhanu et Ayele. Le premier a pu, par exemple, recevoir la visite de sa fille et une nourriture décente, il n'est donc plus tenu au secret. Bloguer n'est peut-être pas un vain exercice... finalement.

Les lycées et écoles ont ré-ouverts à Addis ce matin. Personne ne savait exactement si le gouvernement prendrait ce risque en l'absence de la Police Fédérale, partie réprimer ailleurs mais les ados reprennent le chemin du bahut. Il semblerait cependant que beaucoup boycottent. J'irai faire un tour dans l'après-midi.

Les Ferenjis - étrangers- n'ont toujours, pour la plupart, aucune idée de ce qui se passe réellement et ont l'air de s'en contrefoutre... Néanmoins, j'ai eu l'agréable surprise d'entendre, à l'occasion d'un anniversaire, une citoyenne britannique affirmer que les seules infos fiables désormais étaient divulguées par les blogueurs et que le site Nazret.com était particulièrement interessant. Je crois qu'un romancier observant un lecteur acheter son dernier bouquin doit éprouver un plaisir similaire.

Par ailleurs, je n'ai pu m'empêcher de sourire en apprenant que les 4X4 des expatriés étaient devenus une cible privilégiée pour les lanceurs de cailloux. D'accord, ce n'est pas très charitable mais, franchement, certains ne l'ont pas volé. Un policier de Addis, sympathisant de l'opposition bien sûr, comme tout le monde ici, me l'a d'ailleurs confirmé en ajoutant: "Oh les Ferenj nous sourient mais nous tirent dans le dos". C'est le sentiment général ici. Le silence coupable des occidentaux a largement contribué à maintenir Meles Zenawi au pouvoir, après des élections qu'il a perdues.  Nos ambassades ont été ses meilleurs alliés et bien que des sanctions économiques aient été prises, leur souci principal demeure la stabilité. La répression, les meurtres, les passages à tabac et les arrestations massives ne les bouleversent pas, c'est le moins qu'on puisse dire...

La lutte armée va-t-elle les sortir de leur torpeur ? Car çà y est, ils ont compris... la guérilla a commencé. C'est amusant, je me  tue à les prévenir, ils sourient, condescendants... pour se mettre à crier au loup avec une bonne semaine de retard.

Deux ont même posté des commentaires ce matin, une grande première ! Il paraît que je ne suis vraiment pas gentille et qu'ils se sentent très concernés.... Mouhais... z'auraient pu l'écrire avant...

Les groupes armés s'organisent, recrutent en force et des combats sérieux s'engagent notamment dans l'ouest et au Nord du pays, à la frontière soudanaise. Bien des jeunes gens rejoignent les rangs des combattants de la Liberté, des "Arbegnoch Ginbar" ou patriotes et attaquent les forces fidèles au régime. A Dima, en région Gambella, un voyageur rapporte des combats de rue le 11 février dernier, un témoignage trop précis pour n'étre pas fiable.

Sudan Tribune en confirme d'autres aujourd'hui.

Les Freedom Fighters disposent du soutien massif de la population. Personne ici ne voit plus d'autre issue que la lutte armée et comme d'hab, les services de renseignement de nos ambassades n'ont rien vu venir... et croyez-moi, çà ne va pas s'arranger...


Addis Ferengi

Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 15 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 26 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de trois mois, est emprisonnée depuis 26 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:


Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Jeudi 16 février 2006
L'une d'entre eux est tombée le 1er février dernier au lycée Ayer Tena. Les Agazis (1) y ont abattu une élève au cours des protestations d'adolescents qui ont embrasé Addis les dernières semaines. J'ai mis deux semaines à confirmer une forte rumeur. C'est vous dire la terreur qui règne ici. Je ne posterais pas cette information si je n'étais pas absolument sûre de ma source.

Elle rejoint ainsi bien des anonymes, dans l'indifférence générale mais peut-être voudrez-vous lui accorder une petite place dans vos pensées ou vos prières. Elle est morte pour avoir refusé de s'agenouiller.

Un jeune artiste dont j'achète parfois les oeuvres, lycéen lui aussi, illustre ainsi la répression sauvage qui s'est abattue sur le pays depuis les élections de mai 2005.

Lorsque l'injustice, l'arbitraire et la violence dépassent le seuil du supportable, prendre les armes est une issue, la seule peut-être et bien des hommes jeunes et moins jeunes, rejoignent le maquis et les "freedom fighters". Les rumeurs d'affrontements entre ces nouveaux guerilleros et les forces du régime nous parviennent assourdies, la presse les tait soigneusement mais un de mes informateurs a pu joindre un habitant de Gondar. (2) L'homme, un employé du gouvernement était visiblement effrayé et la conversation fut courte mais voici ce que je peux en rapporter.

Les "Freedom Fighters" sont entrés dans la ville ce week-end et se sont mêlés à la population, qui les soutient massivement. Des affrontements ont eu lieu sur lesquels je n'ai pas de détails. Les communications ont été coupées pendant quelques jours.  Ils portent des vêtements civils, s'attaquent aux cadres du parti et les enlèvent au cours d'embuscades urbaines. Hier matin, ils ont contrôlé les portes de la ville et bloqué toute circulation avant l'intervention de la police fédérale.

Comme je projette de me rendre prochainement en région amhara, j'appelle, un peu énervée, mon agent de voyage, qui m'avait soigneusement tu certains faits malgré mes questions insistantes. Le monsieur est malin et discret mais poussé dans ses retranchements, se révèle une excellente source d'information.

D'après un voyageur expérimenté et régulier, ces guérilleros ont commencé à opérer depuis un moment. Ils sont basés à la frontière soudanaise où la contrebande d'armes est florissante. Ils menacent parfois les villes de quelques incursions. Ils bloquent les routes et attaquent les 4X4 du gouvernement. De plus en plus de jeunes gens les rejoignent ainsi que d'ex-officiers de l'armée de Mengistu, le dictateur précédent.

Ceci dit, comme il tient beaucoup à mes $, il se dit tout à fait prêt à m'emmener... en toute sécurité. Il ne sait rien de mes activités clandestines bien évidemment et surtout qu'interwiever des combattants de la liberté est ma nouvelle ambition.

Addis Ferengi


(1) Agazis: l'armée personnelle du premier ministre, des tueurs impitoyables.
(2) Gondar, ville historique du Nord-Ouest du pays, le Camelot d'Afrique, une des grandes villes de la région amhara et un bastion de l'opposition.


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Ayele est emprisonné depuis 11 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 21 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de trois mois, est emprisonnée depuis 21 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Mercredi 15 février 2006
Il a souvent été fait référence au monde d'Orwell et à son visionnaire 1984 sur ce blog et la réalité rejoint encore une fois la fiction.

TOUTES les écoles publiques sont fermées pendant deux semaines et ce  dans tout le pays, pour servir la propagande gouvernementale.

De hauts responsables du parti s'adressent aux professeurs des écoles, lycées et collèges par le biais d'écrans -ici, on les appelle plasma et c'est ce que les élèves cassent en priorité quand ils s'énervent.  Dans chaque établissement, un "chairman" préside les séminaires politiques et réécrit l'histoire du pays au bénéfice de son parti, l'EPRDF.

Je ne suis pas au fait des subtilités de la dialectique locale mais l'argument principal consiste à charger les régimes passés et notamment le défunt empire de toutes les abjections dont se rend coupable le nouveau. Une aristocratie amhara contrôlait le pays et son économie au détriment des autres ethnies. Notez que c'est toujours le cas... sauf que maintenant, ce sont les tigréens qui s'en mettent plein les poches. Dans sa grande mansuétude et son immense intelligence, le grand Timonnier, le Fürher incontesté a instauré le fédéralisme, une démocratie respectant les spécificités des nationalités éthiopiennes... une foutaise qu'un gosse de trois ans ne goberait pas. Les totalitarismes et dictatures en tout genre sont fameux, depuis Orwell, pour leur rhétorique tordue mais là, on atteint des sommets.

De fait, plus centralisateur que le TPLF (1), tu meurs et la démocratie ici se dispense par balles, s'enseigne à coup de matraques et d'arrestations arbitraires.

Les enseignants sont rémunérés pour assister à ces lavages de cerveau de groupe, 2€ par jour. Cela vous semble peu mais c'est proportionnel à leurs salaires, misérables et tout cela finit par coûter fort cher au détriment d'écoliers qui pendant ce temps... n'étudient pas.

Mieux, ce genre de luxe se paie avec les sous des contribuables de nos pays, ce qui n'empêche pas le gouvernement et son DPPA (2) -son agence de prévention des désastres- de hurler à la sécheresse, à la famine et de mendier d'autres millions de $.

Je ne sais pas pour vous, mais cette gabegie m'exaspère... Un rien envie de hurler: "Basta ! pas en mon nom et pas avec notre fric !"... Vous devriez en faire autant.

La bonne nouvelle, c'est que les enseignants sont aussi Kinijit (3) que le péquin moyen et qu'ils se rebellent. A la politique de division ethnique, entretenue par le gouvernement pour mieux diviser et affaiblir, ils opposent l'unité. Aux accusations sans fondement, aux lectures orientées, ils rétorquent en citant l'histoire européenne ou un passé national plus glorieux.

A ce propos, les éthiopiens sont un peuple très littéraire, ils se délectent à l'échange d'idées, aux débats courtois et controverses historiques. Les cadres du parti au pouvoir eux se distinguent souvent par la grossièreté, l'ignorance crasse et une propension marquée à l'insulte et la menace. Je sais, je suis souvent la cible de leur prose ordurière, en Ethioblog.

Bref Big Brother, si on lui en donne les moyens, ne va pas tarder à poser des caméras et plasmas partout et s'adressera bientôt sur écran géant à la population en grondant: "Faites attention, le frangin vous regarde.." La petite lucarne ne lui suffit plus.

Avant de mourir d'ennui, la bonne nouvelle -et de source sure -, est la suivante: leurs séances de rééducation, les profs s'en balancent et ne leur envoient pas dire. Cela nous promet du sport dans les prochaines semaines. D'ailleurs, on s'y prépare et des pamphlets circulent. Je ne suis pas autorisée à en dire plus, on vous réserve la surprise. ;-)

Quelques news en vrac avant de vous quitter:

Addis black-out: C'est la ville entière qui a été plongée dans le noir dimanche dernier un peu avant minuit pour deux bonnes heures et les rumeurs vont bon train puisqu'aucune explication n'est avancée par l'EDF locale. La plus plausible néanmoins est celle du transport massif des troupes stationnées ici vers d'autres contrées.

En effet, les tueurs ont déguerpi, provisoirement bien sûr. Oh, il y a bien quelques patrouilles mais pour l'essentiel leurs baraquements sont vides, j'ai vérifié. Où sont-ils allés? On parle de la région Wollega ou de Gondar... je continue à "investiguer".

Combat armé ou pas ? C'est plus que probable mais pas moyen de joindre qui que ce soit dans les villes incriminées. Un des grands trucs du gouvernement, c'est de brouiller les communications quand çà chauffe. Je ne renonce pas à en apprendre davantage sur les déjà mythiques "combattants de la liberté" qui auraient commencé à opérer. La population les soutiendra massivement, l'histoire se répète...

Et puis parce que mon meilleur contributeur (et ami) me manque cruellement, je vous rappelle que mes potes sont accusés de terrorisme.

Addis Ferengi

Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 10 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 20 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de trois mois, est emprisonnée depuis 20 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:




(1) Le TPLF est le front de libération du Tigraï, arrivé au pouvoir après Mengistu, par les armes... Il le conserve de la même façon.
(2) DPPA, en gros, agence de prévention des désastres, de grands comiques...
(3) Kinijit, supporter de la CUD, principal parti d'opposition et par extention, dissident.
Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Lundi 13 février 2006
Désolée, je n'avais pas le moral...

Mon pote Ayele - cliquez pour consulter le post précédent- est toujours sous les verrous. S'il n'est toujours pas inculpé, les charges qui pèsent contre lui et ses amis Berhanu et Frezer sont lourdes: terrorisme !... ni plus, ni moins. Cela prêterait à sourire si ce n'était pas tragique. Leur seul crime est de militer pacifiquement pour la démocratie. D'ailleurs, je dîne rarement avec des terroristes.. ou je revendique aussi l'appelation. Enfin, je n'ai jamais rencontré la jolie Frezer, elle a été arrêtée trois jours avant la date de notre rendez-vous.

Il est un peu mieux traité que ses compagnons d'infortune puisqu'il n'est pas tenu au secret - un certain blog y est peut-être pour quelque chose ;-) -, il a pu recevoir des visites ce week-end. Enfin des visites....  Ici, cela consiste à hurler au milieu d'une foule de prisonniers et de familles, séparés par deux barrières métalliques, avec des fédéraux au milieu. L'occasion en tout cas de leur apporter un peu de nourriture, du savon, du shampoing, de l'eau minérale ou du papier toilette. (sic!)

Il était élégant et souriant, ce sourire inaltérable et parfois irritant des Ethiopiens, prochaine apparition devant le tribunal, mardi en 8. Je vous tiendrai au courant...

Quelques news en vrac:

EMF affirmait samedi - breaking news supprimée depuis - que la guérilla faisait rage à Gondar et dans la région Amhara, nord du pays. Aucune information fiable ne parvient à Addis mais les rumeurs sont répétées et cohérentes. Les "combattants de la liberté'" font de brèves incursions en ville, où la population les acclame, dit-on. Je ne doute pas que quelques groupes armés opèrent mais il me semble qu'il doit être aisé pour l'armée personnelle du Premier Ministre, une des plus grandes d'Afrique... de réprimer les troubles... pour l'instant. On raconte ici qu'il a du mal à payer ses Agazis et que certains attendent leur "perdiems" (1). Un peu trop beau pour être vrai mais bien des indices confirment que les administrations sont fauchées, les étudiants de Addis, n'ont, par exemple, pas encore perçu leurs allocations mensuelles. Un de  mes amis coopérants va annuler un contrat avec une Woreda (2) puisqu'elle s'avère infichue d'honorer ses engagements: rémunérer les bénéficiares de l'initiative par un peu de "cash for work". C'est à cela que les "safety nets" (3) sont censés servir... Eh bien... les safety nets... y'en a plus. Ici, on dit "yellem !". Je vous prédis un joli scandale dans quelques mois... Dans ce cadre précis, c'est la coopération pour laquelle il travaille qui assurera le paiement des journées de salaire. Sinon, ils travailleront quand même... mais pour rien.

Les lycées publics sont bel et bien fermés ce matin, et ce pour la troisième semaine consécutive. J'irai jeter un oeil dans l'après-midi mais il semble que les habituels foules d'adolescents en uniforme n'arpentent pas le macadam. D'après une lycéenne, les cours pourraient reprendre jeudi.. mais il paraît que beaucoup ont la ferme intention de boycotter.

Une bonne nouvelle, une fois n'est pas coutume... mais la vidéo de Dawit Gereto a atteint Bruxelles où la courageuse Ana Gomez (4) l'a projetée à d'autres députés européens. Comme je ne suis pas tout à fait étrangère à ce succès, je me démène actuellement pour la refiler à un des gros bonnets de la Banque Mondiale, en visite ici. Juste au cas où le Monsieur croirait encore à l'approche participative, dans une dictature... ;-) et compterait continuer à filer des sous aux voleurs.

Dawit Gereto, vous voyez ci-contre sa veuve et leur jeune bébé, a été battu à mort pendant la campagne électorale de mai dernier en zone Shaka, par les milices de l'EPRDF, le parti au pouvoir. Il faisait campagne pour la CUD. Voici un bref résumé, traduit de l'anglais, du document, tourné par un cadre de l'EPRDF, sorti de leurs bureaux.. et du pays... en contrebande.

Qui oserait dire la vérité, en Ethiopie rurale ? "Description: L'enquête tragi-comique sur la mort de Dawit se conclue à la satisfaction des autorités sur cette conclusion: la politique, en l'occurence la parti au pouvoir, n'a rien à voir avec l'assassinat du jeune homme. Les villageois et la famille de la victime sont abandonnés à leur deuil, chargés d'un poids supplémentaire, celui de la vérité qu'ils doivent taire."

Il est possible que le document ne soit pas accessible en France ou en Europe. Bonne volonté bienvenue pour le mettre en ligne chez nous aussi. Il suffit d'écrire à addisferengi@wanadoo.fr

J'en déconseille le visionnage aux âme sensibles, le corps de Dawit n'a pas été retrouvé immédiatement. Il est... abîmé.

Addis Ferengi.... une terroriste

(1) Rembousement de leurs frais de mission, 10€ par jour! une fortune! Il y aurait entre 10 et 15000 hommes stationnés uniquement à Addis.
(2) Division administrative
(3) Safety nets
: des dizaines de millions d'€ mis à la disposition du gouvernement pour lutter contre l'insécurité alimentaire.
(4) Ana Gomez, députée européen était le chef de la délégation chargée d'observer les élections de mai dernier. Elle n'a pas été tendre avec le régime et le Premier Ministre l'a abreuvée d'insultes et déclarée persona non grata. Il paraît que tout est de sa faute... y compris le massacre de civils désarmés. Le rapport final de l'équipe d'observation n'a jamais été rendu public. Remerciez vos gouvernements! Cela s'appelle de la Real Politik.


Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 8 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 18 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de trois mois, est emprisonnée depuis 18 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Vendredi 10 février 2006
J'ai continé mon repérage des lycées d'Addis, j'étais hier dans la banlieue de Kaliti. Trois jeunes gens nous ont courtoisement indiqué le chemin.


Nous avons fait un brin de causette, en anglais basic (suis toujours pas capable de parler amharic...)

Nth: Vous êtes en vacances non? Vous reprenez la semaine prochaine ou pas?

Les rumeurs addissoises affirment que les lycées resteront fermés encore quinze jours parce que le gouvernement est terrifié à l'idée de nouveaux affrontements...

St1 -St pour student- est le plus déluré, le chef de bande. Il est joli garçon et ne manque ni d'humour, ni d'aplomb. Il négocie un brin de stop. Les trois compères grimpent à l'arrière.

St1: Non pas d'école la semaine prochaine non plus.
Nth - rigolarde-: Ils ont peur de vous à ce point là? Ils vous filent un bonus pour avoir balancé des pierres?

Les garçons ne confirment pas mais ont l'air de s'amuser prodigieusement... Je demande à M. mon chauffeur de les interroger sur la situation à l'école.

Les jeunes gens sont apparemment très remontés. Ils nous affirment que leurs parents aussi. Plus personne n'assiste aux interminables et récurrentes assemblées que convoque le directeur. Tous réclament une seule chose: la libération des prisonniers politiques et surtout celle des dirigeants de la CUD. Le lycée est fermé mais leurs professeurs sont en "formation"... Ce n'est pas une formation, affirment-ils, mais du bourrage de crâne par les cadres du parti et les fédéraux. Ils n'ont pas la moindre intention de retourner suivre leurs cours... Pas la moindre ! 

Pas besoin d'être extra-lucide pour remarquer qu'ils détestent les fédéraux... quelque chose dans le ton, la façon de prononcer: "Federals"...

Nth: Ils ont boycotté ici ? Il y a eu des problèmes ?

Et comment ! St 1 nous raconte que, menacés d'exclusion, ils  ont du se rendre à leurs examens mais qu'ils ont repris la grève des cours immédiatement après.  Le gouvernement a envoyé ses forces de sécurité et bien évidemment... les pierres ont volé...

Nth: Ils ont arrêté beaucoup de vos copains ?
St 1, 2, 3: Oui, beaucoup... des filles aussi...
Nth: Combien ?
St 1, 2, 3: On sait pas... beaucoup, beaucoup !

Nth (écrivant son numéro de tel sur un bout de papier):Je suis journaliste (1), vous m'appelez si quoi que ce soit arrive, ok?

Ils ont dit qu'ils le feraient..

L'obstination du régime à contrôler par la force et la terreur une population qui le vomit est décidément exemplaire... 

Les étudiants de première année de l'université de Addis-Abeba commencentt à peine leurs cours.  Et nous sommes en Février ! Les lycéens ont gagné deux semaines de vacances supplémentaires ! Quand un dictateur craint sa jeunesse à ce point.... Il est temps de songer à déguerpir non ?


Addis Ferengi

(1) Ok, un petit mensonge, je nétais pas sûre qu'ils sachent ce qu'est un "Blogger"


Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 5 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Berhanu est emprisonné depuis 15 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"

Frezer, enceinte de trois mois, est emprisonnée depuis 15 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

Voici la porte:


Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Jeudi 9 février 2006
Les "donors" font retraite à Wellisso dans la charmante Negash Lodge, aujourd'hui et demain (...)













(...) Les dirigeants du principal parti d'oppostion, la CUD, les vainqueurs des élections de Mai 2005 croupissent dans la sordide prison de Kaliti.












Le programme des donneurs - je sais, j'ai le programme! - c'est le réacheminement de l'aide en "budgetary support", du gouvernement qui l'utilise à de toutes autres fins que le développement vers ???

Cest le gros problème... vers qui ?

La Banque Mondiale, qui organise la sauterie... a une  fâcheuse tendance à "sauver la mise" au dictateur... complètement raide ces jours-ci. On envisage donc de continuer à déverser des millions de $ via les... woredas. Les Woredas, pour faire court, sont les administrations locales, totalement contrôlées par le parti...

Ne me demandez pas comment je sais des trucs... c'est ma vie privée... mais je les sais ;-)

J'ai donc quelques questions à poser à la Banque Mondiale, ses consultants, son staff, ses chefs... en toute humilité bien sûr.

Avez-vous, oui ou non, remis à la Woreda de Ginir, département de Bale, une somme de 1 Million de Birr (+ de 100 000€ )  juste avant les élections, pour, soi-disant, des micro-crédits aux paysans les plus pauvres ? Je sais que oui.

Avez-vous  remarqué que cet argent avait été employé à acheter des voix dans une circonscription où le "ruling party" l'a emporté avec 82,97% des voix et un taux de participation de 94% ? Je sais que oui.

Savez-vous  que le taux de remboursement de ces "crédits" est à Ginir de 7%  alors qu'on peut atteindre 100% lorsque l'on se montre un rien professionnel et concerné ?  Ben oui que vous savez ! On vous l'a dit  !

Envisagez-vous vraiment de continuer à financer les divisions administratives? Je sais que oui.

Faites gaffe tout de même... vous pourriez être tenus pour responsables des désastres et gabegies à venir.


Addis Ferengi


Et puis...  puisque la vie continue mais pas tout à fait comme avant, je posterai désormais chaque jour:


Le coin de l'amitié

Ayele est emprisonné depuis 4 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"


Berhanu est emprisonné depuis 14 jours, il n'est coupable de rien et inculpé de "que dalle!"


Frezer, enceinte de trois mois, est emprisonnée depuis 14 jours, elle n'est coupable de rien et inculpée de "que dalle!"

çà, c'est la porte....:The door!


Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Mercredi 8 février 2006
Localiser un ami arrêté, appeler ses potes, réorganiser les équipes et les moyens de communiquer avec mes sources. la contribution d'Ayele (cf. post précédent) à ce blog a été remarquable... Voilà qui m'a pris la journée.

Il a été convoqué au Tribunal hier accompagné de ses amis Berhanu Haile et Frezer Negash. Nul n'était au courant, pas même sa famille... Ils ne sont apparemment encore inculpés d'aucun crime, le juge a renvoyé la décision en attendant le résultat d'hypothétiques investigations.

Ici, on est présumé coupable et bouclé en conséquence. Ayele n'a pu recevoir aucune visite... mais on y travaille et on compte bien le gâter. Il est détenu au Central Investigation Office, ce qui n'est pas la pire des prisons... loin de là.

Restez branchés parce que des observateurs étrangers, le gouvernement n'aime pas... et qu'informer sur son (leur)  sort le (les) protège des mauvais traitements.

La jeune et jolie Frezer; internet reporter, dont la photo est en ligne sur le site d'Ethiopian Review est enceinte de trois mois.

Leur crime, être Kinijit (1) et espérer en la démocratie.

Serai plus prolixe demain


Addis Ferengi... un peu moins en colère mais seulement parce que crevée...

(1) Kinijit, membre ou supporter de la CUD, principal parti d'opposition... 80% au moins de la population éthiopienne et moi, et moi, et moi ;-)
Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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J'ai quitté l'Ethiopie le 24 mars et plutôt en vitesse... sous la pression intense du gouvernement, largement épaulé par une ambassade que je ne nomme toujours pas mais qui ne perd rien pour attendre ;-), pas la française évidemment.

Les visiteurs peuvent me joindre à l'adresse  : addisferenji@hotmail.fr

et continuer à signer notre pétition en français (petition : see English translation)



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