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Juillet 2005 : répression dans les campagnes

Juin 2005 : répression massive

Les Droits de l'Homme en Ethiopie

La liberté de la presse

Les fraudes électorales

Un reportage sur les lieux des tueries du 8 juin

Mes portraits de dissidents

Ils ont "lié" et fait suivre :

Amnesty Belgique

Sylvain Mandin

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Le blog de re-so

Ils ont répondu et nous lisent :

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RSF Afrique

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Ils s'en tapent !!!   :

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Mais oui je  continuerai à voter à gauche ;-)

Son Excellence M. Stéphane Gompertz, ambassadeur de France à Addis et tous ses confrères

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Le blog d'une EX-expat ou la chronique déplaisante d'une dictature ordinaire.

 L'Ethiopie se débat toujours dans une tourmente post-électorale et l'EPRDF, parti au pouvoir, a annoncé sa victoire aux élections de mai 2005, victoire acquise par l'intimidation, le meurtre et la fraude.

Vous trouverez ici un rappel des événements, quelques infos sur la situation des Droits de l'Homme, la répression, la violence d'Etat, les assassinats de Mercato et les exactions d'un régime soutenu, dans l'indifférence générale, par les pays riches qui malgré, quelques vertueuses indignations de façade, préfèrent la stabilité politique à une démocratie bouillonnante.

Je vous suggère de consulter, avant de parcourir  les billets d'humeur au jour le jour, les catégories chronologie des événements et Ethiopie, quelques faits  et surtout mes portraits de dissidents, histoire de vous briefer sur la répression sanglante, les droits de l'Homme, la liberté de la presse, l'indépendance du National Electoral Board et les fraudes électorales.

 Une pétition en Français ! Un site-miroir chez Sylvain ! Un Addis Ferengi Ethioblog ! chez Nazret.com Dear Ethiopian readers, your visits make us happy and proud. Do not hesitate to leave a message.

Votez pour moi... enfin.... pour EUX !

Blog sélectionné dans Best of Blogs par Reporters sans Frontières récompensé par le Prix des internautes

Lundi 4 juillet 2005

Qui saurait dire ce qui se passe actuellement dans les régions les plus enclavées d'Ethiopie ?Mauvaises routes, peu ou pas de moyens de communication ... la répression peut battre son plein dans l'indifférence et l'ignorance générale.

Le 29 juin, à Shilabo, sud-est de l'Ethiopie, les troupes gouvernementales auraient ouvert le feu sur une foule de civils qui écoutait un programme de la BBC et une interview d'un leader de l'Ogadem National Liberation Front.

De nombreuses personnes auraient été blessées et ceux dont les noms suivent, tués : Hasan-Shugri Yusuf Isma'il, A'iye Adan Dhore, Hure Ali Garjeh, Haradid Abdi Ali, Hasan Faqid et Rinji Ali Umar.

Source Sudan Tribune

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Dimanche 3 juillet 2005

Les nouvelles du 13 juin 2005

Ato Tesfaye Adane Jera, député nouvellement élu de la circonscription de Arsi Negele, a été abattu par un policier le dimanche 12 Juin à Shashamene. source

Et parmi les nouvelles du jour, alors que les chauffeurs de taxi reprennent le travail après avoir paralysé Addis pendant cinq jours :

Le représentant CUD* de la région Wollo a été arrêté ainsi que bon nombre de ses collègues et des étudiants. Le comité de la Croix Rouge en Ethiopie expriment la crainte qu'ils ne soient victimes de torture en représailles de la défaite électorale du ministre de l'information Simon Bereket à Lalibella.


A Bahar Dahr, les soldats ont tabassé et raflé en masse les étudiants de Tana Hayq High School. Les écoles, les boutiques, les hôtels sont fermés en signe de protestation. Blindés et jeeps parcourent la ville.

 

On rapporte également une grève générale à Debre Markos.


A Gondar, les forces spéciales ont désarmé les policiers de peur qu'ils ne prennent fait et cause pour la population. L'armée terrorise la population, les jeunes ont constitué leur première cible mais ils s'en prennent maintenant aux paysans soupçonnés d'avoir voté pour l'opposition.

 

source

Par Nth - Publié dans : Chronologie des événements
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Dimanche 3 juillet 2005

News du 11 juin

Gouvernement et opposition ont à peine signé un accord visant la résolution pacifique du conflit électoral que la répression s'amplifie, Hailu Shawel, leader du CUD est assigné à résidence.

Ato Lidetu Aleyew, porte-parole du CUD, est sequestré dans son bureau et on lui refuse toute nourriture pendant 24 heures.

Quant au Docteur Brhanu Naga, vice-président, il est intercepté à l'aéroport et interdit de quitter le territoire alors qu'il se rendait à Londres, lever des fonds pour son parti.

Le gouvernement renoncera quelques jours plus tard, sous la pression de l'opinion, à ses mesures pour le moins a-démocratiques.

source

Par Nth - Publié dans : Chronologie des événements
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Dimanche 3 juillet 2005

Les éthiopiens ont patienté, le 15 mai dernier... ils savent faire. Nombre insuffisant de bureaux, mauvaise volonté des pouvoirs publics ou non, ils se sont exprimés en masse. Les résultats de la capitale Addis-Abeba  n'ont pas tardé à être annoncés : presque 80% de ses habitants infligeaient à Meles Zenawi un camouflet sans ambiguïté.

Trois jours plus tard, les médias gouvernementaux annonçaient, à la consternation générale, la victoire de l'EPRDF, parti au pouvoir et son intention de former dès maintenant un nouveau gouvernement.

Curieusement, les ministres de ce même gouvernement, certains présidents de région avaient subi un verdict électoral sans appel et ce dans les villes et villages dont ils étaient originaires... mais l'EPRDF avait gagné, c'est en tout cas ce que Radio Fana et Ethiopian TV rapportaient.

Mieux, Meles Zenawi instaurait l'Etat d'urgence, interdisant toute manifestation avant le 8 juin, date de l'annonce officielle des résultats

Mais tous savaient : les fraudes étaient massives et Meles avait perdu.

  6-7 juin : premières protestations

Les étudiants furent les premiers à protester, le 6 juin, encore qu'il semble qu'une descente de police dans leurs dortoirs, les aient provoqués la veille. Ils s'assirent pacifiquement sur les murs de leur université et leur mouvement fut suivi le lendemain, par des collèges techniques, à Kotebe, Meskal square etc.

La réponse des forces spéciales fut d'une grande sauvagerie, on déplorait dès le lendemain la mort "accidentelle" d'une très jeune et jolie jeune fille.

La population, outragée par la violence des forces spéciales, prit le parti des jeunes gens, commença à jeter des pierres ou à interpeller les militaires des fenêtres des bureaux.

Les arrestations massives commencèrent. Dès le  soir du 7 juin, on me signala des coups de feu sporadiques aux alentours de Siddist Kilo.

La veille, presque tous les enfants de l'école de mon fils, avaient été précipitamment repris par leurs parents ou gardiens. Il ne devait pas suivre ses cours de toute la semaine et nous, à peine sortir de notre "compound".

Les chauffeurs de taxi se mirent en grève, la plupart des boutiques fermèrent, mouvement qui devait s'accentuer le 8 juin et se prolonger jusqu'à l'annonce d'un accord signé par le gouvernement et l'opposition sur la gestion des fraudes électorales, le samedi suivant.

  8 juin 2005 : le massacre

Les nouvelles vont vite à Addis... et on sut bien vite qu'il fallait éviter les alentours du marché central : Mercato où on évoquait la présence de chars (sic !). Les portables et communications téléphoniques ou internet allaient bon train avant qu'Ethiopian Telecoms n'y mette un terme aux alentours de 15h00. Nous étions coupés du reste du monde et infichus d'appeler nos proches, ne serait-ce que pour les rassurer.

La vérité des événements n'est toujours pas connue, le sera-t-elle jamais ? Le gouvernement prétend que des casseurs s'attaquaient aux boutiques et aux banques. Le petit peuple d'Addis lui affirme qu'il n' y a ni banques ni boutiques dans le quartier où sont nés les affrontements mais seulement des habitations. Ato Meles Zenawi  se refusait encore à prononcer des excuses publiques le 4 juillet   - dans une interview accordée à Stephen Sackur de Hard Talk, BBC. Il fallait pour cela qu'une commission "indépendante", commission que l'on n'avait, semble-t-il, même pas commencé à mettre en place... se prononce afin de savoir si, oui ou non, les soldats avait fait un usage excessif de la force.

Ce qui est sur en revanche, c'est que les forces spéciales du gouvernement ont ouvert le feu sur des centaines de très jeunes gens armés de pierre. Ce qui est sur en revanche, c'est que dans la mêlée, de parfaits innoncents ont été touchés, y compris un écolier en uniforme. Ce qui est sur en revanche, c'est qu'une mère a perdu deux fils, dont l'un tentait de secourir le premier. Ce qui est sur, en revanche, c'est que l'intervention des militaires a fait une quarantaine de morts et plus d'une centaine de blessés. Capital rapportait également qu'on avait demandé aux familles des victimes de verser une somme de 1040 Birr - une centaine d'€ : une fortune - pour récupérer les dépouilles de leurs enfants. source

Oui, la communauté internationale a condamné et puis ? Meles Zenawi étaient convié à Glenneagles, tout comme il est censé assiter au sommet mondial de septembre qui se tiendra  à New-York, au siège des Nations Unies.

Ce qui me parait sur, à moi et en toute humilité, c'est que le terrorisme d'Etat, la violation quotidienne des Droits de l'Homme et la corruption d'un régime dictatorial, la communauté internationale n'en a rien à battre et que çà me donne la nausée :  cf.  "c'est normal, c'est l'Afrique !"

Les loups sont entrés dans Addis !

Si l'Ethiopie vit depuis des décennies un régime de terreur, elle est aujourd'hui bien visible. Des patrouilles armées sillonnent Addis. Les policiers et militaires non tigréens - ethnie au pouvoir - se sont vus retirer leurs armes et leurs munitions, les forces fidèles au régime, elles, paradent en tout impunité, semant la crainte et dispensant un avertissement clair : "tenez-vous tranquilles ou nous ferons parler nos armes"....

Quant au reste du pays, bien peu d'informations nous parviennent mais elles sont atterantes. La répression est générale, les arrestations massives et les meurtres quotidiens.

Pour toute information complémentaire sur les événements des 6-7 et 8 juin, je vous suggère de consulter les archives de la BBC en cliquant sur les liens suivants  et notamment les témoignages de témoins oculaires :

http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4074080.stm

http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4613741.stm 

http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4617481.stm

http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4074822.stm

Par Nth - Publié dans : Chronologie des événements
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Dimanche 3 juillet 2005

D. soigne nos nombreuses bêtes, chiens et chevaux, avec compétence et gentillesse, il parle peu mais m'a raconté que son jeune frère, étudiant, faisait partie des raflés du 8 juin.

Il est resté une semaine à Sandafa, camp militaire situé à quelques kilomètres d'Addis.

Nourri d'un pain le matin, un le midi et rien le soir, il a du exécuter chaque  jour des exercices militaires, marcher, s'agenouiller et ramper sur des cailloux pointus, avec ses compagnons d'infortune, filles comprises.

Il s'agit de les "punir" d'avoir participé aux manifestations, ceux qui sont relâchés promettent de se tenir à carreau. Il en reste encore beaucoup.

La moutarde me monte au nez.

 

Par Nth - Publié dans : Addis (et ailleurs) au jour le jour
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Samedi 2 juillet 2005

Le National Election Board of Ehiopia (NEBE pour les intimes) me ferait franchement rigoler si la situation n'était pas si tragique.

Outre qu'ils sont infichus de tenir leur site à jour ou de divulguer des résultats dans un délai raisonnable, leurs rapports, instructions, statements et communiqués condensent tous les ridicules d'une administration éthiopienne que j'ai pris l'habitude d'éviter : ils me rendent chèvre.

Mais il y a plus grave, bien plus grave...

Outre que Kemal Bedri, son dirigeant, nommé par Meles Zenawi peu après son accession au pouvoir, il y a quatorze ans, est aussi président de la Cour Suprême - ce qui laisse mal augurer de l'indépendance de la structure - sa crédibilité, au sein de la population ou parmi les observateurs internationaux, est absolument nulle.

En effet, un rapport confidentiel - mais apparemment partiellement divulgué - des observateurs de l'Union Européenne indiquait quelques jours après les élections que NEBE semblait ne pas contrôler le décompte des voix et se contentait de reporter des résultats invérifiés et invérifiables au fur et à mesure du processus. Ana Gomes, chef de la délégation européenne, dénonçait des irrégularités et déclarait d'ailleurs le 24 mai (traduction) :

"L'ensemble de ces pratiques mettent sérieusement en cause la transparence et l'honnêteté des élections. Des risques de manipulation grandissants risquent de miner la confiance de la population dans le processus..."

Pire, le 16 mai, le gouvernement annonçait sa victoire bien avant la publication officielle de résultats partiels et sans que les partis d'opposition aient accès aux médias officiels. Le CUD, principal parti d'opposition, en appela à la Cour Suprême au motif que cette annonce prématurée était anti-constitutionnelle, argument que la Cour, dirigée par le même Kemal Debri, rejeta bien évidemment.

Pourtant si les 52 observateurs européens n'ont pas dénoncé de fraudes manifestes dans les bureaux où ils étaient présents, les témoignages en provenance de bureaux de vote ruraux, de régions enclavées et parfois inaccessibles étaient alarmants. La non-officielle radio éthiopienne, celle du bouche à oreille, fonctionnait à merveille. Urnes volées, brûlées, votants confrontés à des kalashnikov, passages à tabac, les fraudes étaient massives et la victoire de l'EPRDF, un mensonge éhonté.

299 circonscriptions sur 517 étaient contestées.

Pas un mot sur les circonstances de ces "prétendues" fraudes dans les journaux locaux en anglais mais, en ligne, quelques témoignages accablants et les plaintes du CUD, dont voici quelques extraits condensés.... sans commentaires...

  • A Bitchena au Gojam, six militiens armés étaient stationnés devant chaque bureau de vote. Ils ont empêchés les observateurs d'accéder ou site et chassés ceux déjà présents. Les réprésentants du CUD ont été forcés de signer des résultats électoraux, nettement frauduleux. Des votants ont été contraints de cocher le symbole du parti au pouvoir - une abeille - ou intimidés afin qu'ils ne votent pas. Certaines urnes étaient endommagées ou ouvertes etc.
  • A Debre Elias au Gojam, les réprésentants du CUD ont été intimidés, harcelés et passés à tabac. Les votants ont été menacés par des hommes armés afin qu'ils choisissent l'EPRDF. Les partisans du CUD n'ont pu accéder aux urnes etc.
  • A Sulilta et Mulu, Shewa Nord, en Oromia, les votants ont été intimidés par l'expulsion des observateurs du CUD  et des affirmations des responsables de l'EPRDF telles que :  voter pour l'opposition vous privera de fertilisants, semences, crédit. Vos enfants n'iront plus à l'école et vous, en prison.
  • A Abomsa, Arsi, en Oromia, les cadres de l'EPRDF qui supervisaient le comptage des voix ont attribué à leur parti 426 bulletins blancs. Les votants ont été publiquement  sermonnés et enjoints à voter pour l'EPRDF s'ils voulaient éviter des problèmes personnels dans les jours qui suivraient. L'EPRF a aussi utilisé un moyen bon marché et illégal tel qu'installer une ruche dans un des arbres sous lesquels les votes prenaient place et ses cadres désignaient constamment la ruche aux votants*.
* L'abeille et la ruche sont le symbole de l'EPRDF.
Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Vendredi 1 juillet 2005

Encore un luxe occidental dont ne on ne sent le manque que lorsqu'on en est privé, je n'ai quasiment pas ouvert un journal éthiopien avant la campagne électorale.

Les éditoriaux ne manquaient pas d'audace mais prévenaient : si le gouvernement risquait fort de subir une défaite électorale, il ne s'en irait pas comme cela, objectivité visionnaire s'il en fut.

L'Ethiopie dispose donc bien d'une presse moderne, efficace, informée et... persécutée. Certains sites ou radios basés à l'étranger permettent cependant aux privélégiés d'accéder à des informations non censurées.

La télévision elle diffuse un ennui absolu et est entièrement contrôlée par le gouvernement, tout comme radio Fana. Les radios libres sont inexistantes ou clandestines. L'opposition a pourtant eu pour la première fois accès aux médias nationaux au cours de la campagne et les débats ont généré une audience record. Il s'agissait de convaincre les "donneurs" que le processus de démocratisation étaient bien enclenché. Nul, parmi la presse internationale et les spécialistes de l'Afrique ne semblait douter de la victoire électorale du parti au pouvoir : l'EPRDF.

Quels clics sur internet suffisent pourtant à démolir cette fragile façade et je vous suggère simplement de consulter les liens suivants.

Vous trouverez tout dans les articles et rapports de Reporters sans Frontières, arrestations et détentions arbitraires, intimidations dans un pays qui au dire de tous fait preuve d'"ouverture" depuis 2001 et alors qu'on qualifie Meles Zenawi de leader moderne (dixit Tony Blair soi-même) découvrez son vrai visage...

D'ailleurs, tant quà faire, identifiez tous les prédateurs de la liberté de par le monde au palmarès de RSF, une sinistre galerie que Meles ne dépare pas.

Si la visite au CPJ est redondante. Le site, très à jour, et ses alertes quotidiennes méritent le détour.

Très nerveux depuis leur défaite électorale, les dirigeants éthiopiens terrorisent, intimident et commettent erreurs sur erreurs alors qu'ils sont sous les sunlights de l'actualité politique.

Je prie pour que cela présage leur chute.

Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Vendredi 1 juillet 2005

Vaste problème dont je ne me suis préoccupée que bien tard...

Les éthiopiens sont courtois, souriants mais peu bavards. S'il ne faut pas avoir inventé l'eau chaude pour identifier un régime autoritaire, on peut vivre dans une dictature sans le savoir.

Certes, j'ai comblé mes lacunes mais à ma grande honte et dans un grand désarroi. Je vous livre ici quelques unes des découvertes de Bécassine en Abyssinie .-)

Human Rights Watch en Oromia

Visitez http://www.hcr.org et les pages par pays, c'est édifiant.

C'est pourtant dans l'indifférence générale, la mienne en particulier, que quelques jours avant les élections Human Rights Watch a publié un rapport sur la situation des Droits de l'Homme dans la région où je réside et bien d'autres documents sont en ligne.

Pour l'anecdote, il n'est pas si anecdotique que cela de signaler que faire suivre ce lien par mail vous vaut ici une réponse automatique du postmaster d'Ethiopian Telecom. Pour leur filtre anti-spam des expressions telles que "Droits de l'Homme" et "fraudes électorales" sont évidemment assimilables à des obcénités.

Le rapport intégral est heureusement consultable, en anglais, à l'adresse suivante : http://hrw.org/reports/2005/ethiopia0505/ mais je vous en livre quelques faits marquants.

  • Un an avant les élections, le gouvernement a instauré en Oromia le système dit gott  and garee pour renforcer son contrôle de la population rurale. Chaque garee leader contrôle une demi-douzaine de familles et rapporte les éventuelles dissidences au gott leader qui lui-même en réfère au kebele qui réfère à la woreda*... ad libidum. Un paysan qui n'assiterait pas assidûment aux réunions de propagande au bénéfice du gouvernement ou omettrait de remplir ses obligations communautaires, essentiellement du travail forcé, est susceptible de se voir infligé une amende, une peine d'emprisonnement faute de pouvoir la payer voire d'être expulsé de sa terre qu'il ne possède pas et que l'Etat met à sa disposition.
  • Le rapport ne s'intitule pas "suppressing dissidents" par figure de style. Il s'agit bien de détention arbitraire, de harcèlement, d'intimidation, de torture et de "disparitions". Une des distractions favorites des policiers et miliciens consisterait à attacher des bouteilles d'eau à moitié pleines aux testicules de leurs suspects, une jeune lycéenne rapporte qu'on l'a contrainte à se mettre en sous-vêtements avant de lui coller un revolver dans la bouche pour la dissuader de s'occuper davantage de politique.
  • Les professeurs des lycées et collèges sont d'ailleurs les mouchards de leurs élèves et vivement encouragés à  rapporter tout égarement politique. Ainsi des enfants de respectivement dix et onze ans ont été emprisonnés pour avoir tatouté sur leur bras ou griffonné sur un coin de tableau noir le sigle de l'OLF : Oromia Liberation Front *.

Etthiopian Human Rights Council http://www.ehrco.net

Au moins 6 responsables ou investigateurs du Conseil éthiopien des Droits de l’Homme ont été arrêtés après les élections de mai dernier. Leurs crimes : avoir fait partie des observateurs des élections ou enquêté sur les événements du 8 juin et les crimes de Mercato. Ils sont détenus dans le camp militaire de Zwaye, exposés à la malaria et victimes de traitements inhumains cf. Prisonniers et SIDA.

Si leur site n’est pas à jour, leur rapport sur les violations des Droits de l’Homme dans la région Amhara vaut largement celui de HCR. Je ne traduirai, au hasard, que trois des dizaines de faits rapportés.

  • Alame Eziawdress : le 24 août 2004, la police de la woreda* et la milice du kebele* l’attaquèrent dans la ville de  Gundeweyin. La cour sociale du kebele  lui infligea une amende de 30 birr * pour avoir omis de participer aux travaux communautaires. Dans l’incapacité de s’acquitter de cette somme, il fut conduit à la prison du kebele.
  • Aguate Bitu : le 30 août  2004 à huit heures du matin, les hommes armés de la milice du kebele l’arrêtèrent à son domicile pour le conduire dans un lieu isolé et le passer à tabac. Il affirme ne plus pouvoir se lever ou bouger sans aide.
  • Tize Habtamu et Abyot Tize : le 30 août 2004 à environ 7 heures du matin, des membres de l’armée de réserve et de la milice armée du kebele les arrêtèrent à leur domicile, les emmenèrent dans une ville appelée Lega Neous où ils furent passés à tabac. Tize a désormais des difficultés à se mouvoir et à uriner.

Vous aurez compris et je n’en jette plus encore qu’une visite à Solidarity Committee for Ethiopian Political Prisoners vous révèle l’existence de « ghost houses » où les dissidents sont susceptibles d’être emprisonnés et torturés un temps indéfini sans jamais passer en jugement.

 

* divisions administratives nationales comparables à cantons et préfectures;

* L'OLFest considéré comme une organisation terroriste par le gouvernement mais leurs discours est plutôt mesuré faice au terrorisme d'Etat. Ses sympathisants sont systématiquement persécutés.

* 30 birr ou 3 € constituent une fortune pour un paysan qui ne les gagne pas en un mois.

Par Nth - Publié dans : Ethiopie, quelques faits
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Vendredi 1 juillet 2005

Sous la pression de la communauté internationale, qui fait du principe de "good governance", un passage obligé pour l'accès à l'aide internationale, le gouvernement éthiopien et son leader incontesté, Meles Zenawi desserrent l'étau qui empêchent l'émergence d'une véritable opposition en Ethiopie et organisent des élections plus démocratiques qu'à l'ordinaire, en apparence du moins.

Les partis de l'opposition ont pour la première fois accès aux médias nationaux et présentent des candidatures dans la plupart des divisions administratives. Les débats suscitent un véritable enthousiasme dans la population et nous, Ferengi, commençons à chuchoter et à craindre pour la stabilité future du pays qui nous abrite.

Interpellée pour la première fois, je réalise un bref sondage parmi les proches. A part un ou deux collaborateurs de M*  mon mari, imposés dans son projet de développement par le "ruling party", personne ne votera pour Meles Zenawi, ni les chauffeurs, ni les cuisinières, ni les baby-sitters, ni les parents d'élève de l'école - chic et chère - de mon poussin. Leurs rejetons sont unanimes à brandir le V de la victoire, leurs petites mains le forment en cour de récréation.

Pire, je rencontre deux des observateurs internationaux, égarés à A****** où réside mon mari et où je passe vacances et week-ends. En trois jours, ils ont compris davantage que moi en plus de trois ans : le régime éthiopien est tout sauf une démocratie.

Les dirigeants éthiopiens ont d'ailleurs pris la précaution d'expulser de leurs territoires trois ONG d'observateurs indépendants, respectivement National Democratic Institute, International Republican Institute et International Foundation for Electoral Systems.

Amnesty publie d'ailleurs le 29 avril 2005 un rapport en forme d'avertissement dont tout le monde semble se ficher éperdument, moi comprise. 

Bécassine en Abyssinie ou les infos disponibles que j'ai mis si longtemps à trouver

Vous trouverez en cliquant sur ces liens des articles, références et commentaires qui condensent ma maigre et récente prise de conscience. Je suis navrée que la plupart soient en anglais, j'en traduirai quelques extraits au fil des jours.

Les droits de l'Homme en Ethiopie

La liberté de la presse

Le National Electoral Board (NEBE) et les fraudes électorales

La répression sanglante de Juin 2005

Par Nth - Publié dans : Chronologie des événements
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Jeudi 30 juin 2005
Addis Ferengi's weblog was created by a French resident in Addis- Abeba and denounces repression in Ethiopia.
 
A small committee gathered around the chronicle and decided to act and alert French-speaking Medias and public opinion.
 
On May 15th 2005, the Ethiopian people voted and clearly expressed their disapproval of the current government; there is massive fraud, biased investigations and savage repression: there are daily Human Rights violations, the killing of unarmed civilians, arbitrary detentions, harassments, torture, persecutions and deportations in rural areas. A corrupt and heavily-armed regime is terrorizing the population and this is greeted by a general disinterest.
 
Western countries shyly condemn but actually support the dictator's regime in the name of stability.
 
We do not admit that words like Democracy, Human Rights, Freedom remain rich countries' privilege.
 
By signing this petition, you will help us pressure the French government to defend the founding principles of our Republic.
 
Par Nth - Publié dans : Divers
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J'ai quitté l'Ethiopie le 24 mars et plutôt en vitesse... sous la pression intense du gouvernement, largement épaulé par une ambassade que je ne nomme toujours pas mais qui ne perd rien pour attendre ;-), pas la française évidemment.

Les visiteurs peuvent me joindre à l'adresse  : addisferenji@hotmail.fr

et continuer à signer notre pétition en français (petition : see English translation)



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